lundi 9 mars 2009
This is the end...
Bon et bien voilà, après à peine 11 mois d'existence, ce petit blog tire sa révérence. En espérant qu'il ait pu aider certaines personnes mais je ne pense pas avoir cette prétention. Bien le bonsoir, m'sieur dame!
dimanche 30 novembre 2008
Orothoron…
Note de l'auteuse: après un bon moment d'absence, un petit texte toujours aussi joyeux mais qui compte pour moi. A vous de me dire si vous voulez que je continue ce blog parce que je suis en perte de motivation...
Mise en bière. Quelle expression saugrenue pour une chose si spéciale. Elle était là, allongée, sans un mouvement. Sa peau était gelée et son visage ne reflétait plus ses traits si connus, si doux. Je ne la reconnais plus. C’est terrible. Mais pourquoi «mise en bière» ? Comment celui qui a inventé ça a pu donner un nom pareil à cette chose si dure à vivre ? Il devait justement avoir trop bu. Quel jeu de mot pourri. A-t-il imaginé quel effet cela ferait à ceux qui seront confrontés à ça ? Je ne pense pas. Mais la personne allongée là, elle s’en moque. Elle ne bougera plus, ne se relèvera plus. Le jardin qu’elle a si longtemps entretenu va tomber en friche. Plus personne ne viendra chercher légumes ou fruits et elle ne le fera plus jamais visiter. Une nouvelle page se tourne et elle fait vraiment mal. Mais j’espère de out cœur que, où que tu sois, tu peux enfin te reposer. Car tu l’as plus que mérité. Adieu.
Mise en bière. Quelle expression saugrenue pour une chose si spéciale. Elle était là, allongée, sans un mouvement. Sa peau était gelée et son visage ne reflétait plus ses traits si connus, si doux. Je ne la reconnais plus. C’est terrible. Mais pourquoi «mise en bière» ? Comment celui qui a inventé ça a pu donner un nom pareil à cette chose si dure à vivre ? Il devait justement avoir trop bu. Quel jeu de mot pourri. A-t-il imaginé quel effet cela ferait à ceux qui seront confrontés à ça ? Je ne pense pas. Mais la personne allongée là, elle s’en moque. Elle ne bougera plus, ne se relèvera plus. Le jardin qu’elle a si longtemps entretenu va tomber en friche. Plus personne ne viendra chercher légumes ou fruits et elle ne le fera plus jamais visiter. Une nouvelle page se tourne et elle fait vraiment mal. Mais j’espère de out cœur que, où que tu sois, tu peux enfin te reposer. Car tu l’as plus que mérité. Adieu.
vendredi 14 novembre 2008
Nurithil 4...
Note de l'auteuse: bien le bonjour ou le bonsoir. Je tiens tout d'abords à m'excuser pour le retard de publication mais les cours ont été plus prenant que je ne m'y attendais. Du coup, face au manque de temps pour écrire ce qui me trote dans la tête, je préfére continuer de poster les chapitres de ma fanfiction sur Fullmetal. Une fois n'est pas coutume, un peu de romantisme. C'est sans doute une solution de facilité, mais je pense qu'ainsi, je vous fournirais un travail de meilleure qualité. En espérant que cela vous plaise, n'hésitez pas à commenter...
Chapitre 3 : Mais qu’est-ce qui lui prend ?!
«Mon dieu! Ça commence mal aujourd’hui !»
Réveillée à 6 heures du matin, j’ai commencé par exploser mon réveil en me levant. D’un autre côté, je savais pertinemment que je n’aurais pas dû le mettre par terre. Cela fait quatre semaines que je suis là. J’aurais pu acheter une table de nuit. Maintenant, je vais le faire. Vu que je n’ais plus de réveil… Après ce levé pour le moins mouvementé, je réussis à m’extirper des couvertures et à atteindre, au radar, ma nouvelle cuisine. Tout ceci en slalomant entre les cartons. Je parvins même à choper une tasse sans la casser et à la remplir de café. Le micro-onde me parut d’une vitesse incroyable, ne me laissant même pas le temps de me rendormir sur la table. En maugréant, je me relevais et sortais ma tasse pour boire une gorgée de ce liquide salvateur. Il me brûla la langue mais commença enfin à me réveiller. Après trois ou quatre tasses, j’eu enfin la force d’aller prendre ma douche.
Après trente minutes de prélassement, je sortais de la douche et enfilais mes habits. Je fourrais mon uniforme dans un sac et prenais mes clefs avant de partir. Je pris le taxi comme hier (et tous les autres jours d’ailleurs… Je devrais peut-être songer à m’acheter une voiture ou au moins un vélo…) et me dirigeais à la caserne. Une fois là-bas, j’allais me changer dans les vestiaires. Après avoir troqué mes habits civils contre mon uniforme, je me laissais tomber sur le banc en soupirant. Je fixais le sol d’un air endormi en songeant à ce premier mois de boulot. Les trois premiers jours ont été plutôt mouvementés.
Le lendemain de l’attaque, on a tous eu droit à un interrogatoire en règle par les instances supérieures. Bizarrement, ils se sont concentrés sur mon cas. D’accord, j’avais peut-être plus de raison que d’autre de vouloir nuire à l’armé (après tout, ils avaient oublié mon village) mais je ne l’aurais pas fait dès mon premier jour !!! Ça parait logique ! Et bien pas pour eux. Une fois qu’on eu tous été interrogés (que dis-je ! une fois que nous soyons tous passé devant la lampe…), le colonel voulut faire un compte-rendu pour connaître nos impressions et savoir à quoi s’en tenir avec nos supérieurs. Il demanda à chacun de ses subordonnés de raconter leur entretien. Je m’aperçu à cet instant que les sergents aussi ont eu droit à des interrogatoires poussés. Je fronçais un peu les sourcils mais ne me posais pas plus de questions. Mon tour arrivait. Mais, au moment où j’ouvrais la bouche, le colonel prit la parole :
«- Très bien. Comme vous l’avez tous vu, nous sommes dans la ligne de mire du Généralissime», commença-t-il.
Je n’écoutais plus (décidément, c’est une habitude…). J’étais trop abasourdie par ce qu’il venait de faire. Je le fixais sans rien dire, les poings serrés. Je n’ais aucune idée de ce qu’il a raconté à ce moment-là et je m’en moque. La seule chose que j’ai retenue, c’est la fin. Lorsqu’il nous a dit de rentrer chez nous et que tout redeviendrait comme avant. Je saluais comme les autres et me dirigeais vers la porte. Lorsque sa voix me stoppa net :
«- Izumi ! Attendez, je voudrais vous parler.»
Punaise ! Mais pourquoi il a une voix aussi sensuelle ?! Ça ne devrait pas exister !
«- Et puis, pourquoi ça me dérange d’abord ?…
- Aah… L’amour !
- Pas vrai !»
Une fois mon combat intérieur fini, je fermais la porte derrière le lieutenant Hawkeye et me tournais vers le colonel. Je le fixais dans les yeux en m’approchant du bureau :
«- Oui Colonel ?, demandais-je calmement.
- Je voudrais savoir comment s’est passé votre entretien.
- Ah ? Parce que ça vous intéresse finalement ?», laissais-je échapper, mauvaise.
Me rendant compte que j’avais parlé à voix haute, je me mis au garde à vous, attendant que la sanction tombe. Mais curieusement, le colonel parut amusé. Je le dévisageais, en colère mais surtout vexée.
«- Repos soldat, me dit-il calmement. J’ai l’impression de vous avoir vexé, ajouta-t-il, une pointe d’ironie dans la voix.
- Sans blague ?! Crétin de colonel !!! avais-je envie de lui hurler. Mais je réussis à lui répondre calmement :
- Oui, vous m’avez même beaucoup vexée.»
Je fronçais les sourcils et là, il eu une telle réaction que j’eu envie de le tuer sur le champ. Il éclatât de rire ! Je le regardais, ahurie. Il s’en rendit compte et rigola de plus belle. Je serrais les poings et détournais les yeux en maugréant, rougissante. Cela sembla le calmer car il reprit et ajouta :
«- Je m’excuse de vous avoir vexée, dit-il, un petit sourire toujours accroché aux lèvres. Je ne le souhaitais pas.
- Ce n’est pas grave, marmonnais-je, toujours rouge.
- Asseyez-vous.»
Je m’exécutais calmement et croisais les jambes, face à lui. Je le fixais patiemment, attendant qu’il parle.
«- Si je ne vous ais pas interrogée tout à l’heure, c’est à cause de votre dossier, reprit-il.
- Je m’en suis doutée Colonel. Mais j’aurais sût faire attention.
- Vous auriez été obligée de tout me raconter une seconde fois. Cela m’ennuyais pour vous, conclut-il malicieusement.»
Je l’observais, les yeux légèrement écarquillés. Un léger sourire naquit sur mes lèvres.
«- Il se moque de moi en plus !» pensais-je, boudeuse, avant de reprendre, ironique :
- Je suis touchée par votre délicatesse, Colonel.
- Je sens comme une pointe d’ironie dans votre voix, Izumi.
- Non vraiment? Je n'avais pas remarqué.
- Vous êtes perspicace, répondis-je.
- Merci.»
Il souriait tranquillement, amusé. Je ne le quittais pas des yeux, détaillant les traits de son visage. A la fois dur et doux, il impressionnait par sa seule présence. Je crois que c’est surtout à cause de ses yeux noirs. Profonds, ils en cachaient plus qu’ils n’en montraient. Me rendant compte que j’étais de nouveau en train de gagatiser sur mon propre colonel, je détournais les yeux. Sentant son regard sur moi, je me sentis encore plus gênée.
«- Mais arrêtes de me fixer comme ça !! Crétin, non…Sombre crétin de colonel !!! »
Sans que je ne comprenne pourquoi, il rit discrètement avant de reprendre :
«- Lorsque votre combat intérieur sera termine, vous pourrez peut-être me raconter votre entretient.
- Je sens que je vais le congelé… Je le sens… Comme ça, il ne se moquera plus de moi !
- C’est surtout que comme ça, tu pourras l’admirer tout le temps sans interruption.
- Même pas vrai, idiote de conscience !!! »
Toussotant légèrement pour me donner contenance (et aussi pour faire taire ma conscience !), j’entrepris de lui raconter mon entretient :
«-Lorsque je suis entrée, ils m’ont fait signe de m’asseoir. Après que je me sois exécutée, ils ont commencés par me poser les questions d’ordre administratif comme mon nom, mon grade, etc. Suite à ça, ils m’ont demandé de leur raconter ma version de l’attaque.»
Ma voix était calme et je fixais le colonel dans les yeux. Je ne voulais pas qu’il est le moindre doute sur la véracité de mes propos. Son visage n’exprimait aucune émotion et son regard était plus noir que jamais lorsqu’il demanda :
«- Et que leur avez-vous raconté ?
- La vérité, répondis-je calmement. Que le jour de mon arrivée dans cette caserne, nous avons été attaqués par des terroristes. Qu’en premier lieu, j’avais stoppé un missile au niveau de la fenêtre de votre bureau – il hocha la tête en signe d’accord – et, qu’ensuite, nous étions descendus aider les autres. Et qu’arrivée dehors, je ne vous ais pas quitté des yeux, restant toujours derrière vous, conformément à votre ordre.»
Je ne pus empêcher une pointe de colère transpercer dans ma voix. Je lui en voulais toujours pour ça. Il continuait de me regarder calmement en reprenant :
«- Vous m’en voulez toujours pour cet ordre, Izumi ?
- Oui Colonel, répondis-je en essayant de rester calme.
- Cela était nécessaire.
- Pourquoi ?, ma voix était dure.
- Les supérieurs de l’armée n’étant pas encore prêts à vous faire confiance, comme vous l’avez remarqué, je ne voulais pas leur donner une raison de plus de se défier de vous.»
Je le fixais dans les yeux, ne sachant quoi penser de ce qu’il venait de dire. Il le vit car il ajouta :
«- Je ne pensais pas que cela vous gênerait autant.
- Ça n’a pas d’importance», répondis-je calmement, détournant les yeux sous le coup de la honte.
Il sourit discrètement avant de reprendre :
«- Que vous ont-ils dit ensuite ?
- Ils m’ont posés des questions sur ce que j’avais ressentit pendant le combat. Si j’étais heureuse, inquiète, concentrée, etc.
- Et ?
- Je leur ais mentit», répondis-je tranquillement.
Le colonel fronça les sourcils. Je pouvais voir à son regarde fixé sur moi qu’il ne comprenait pas. Il continua, une menace voilée dans la voix :
«- Comment cela ? Étiez-vous heureuse d’être attaquée ?
- Bien sûr que non, Colonel, répondis-je en souriant. Vous avez parfaitement compris ce que je voulais dire.
- Éclairez-moi quand même, Izumi.»
Il parut tout de même soulagé, ses yeux devenant plus clairs.
«- Je t’ais fait peur, hein Colonel ?»
J’étais fière de moi mais je le cachais et répondis :
«- Je leur ais dit que j’avais éprouvé de la peur.
- Est-ce vrai ?
- Non.»
J’étais sérieuse. Je n’éprouvais jamais de peur lors d’un combat. C’était peut-être pour cela que j’avais progressée si vite et que je maîtrisais aussi bien les armes. Je crois que c’est ce que voulait dire mon senseï par "Tu ne vis que pour te battre". Pourtant, cela me semblait normal. Lorsque je me trouvais engagé dans un combat, ce calme était mon meilleur atout. Alors que mes adversaires paniquaient à la première blessure importante, je restais calme et neutre. Et ce, même si mon sang s’échappait de mon corps par de multiples blessures. Cela ma sauvé la vie plusieurs fois.
Pendant ce temps, le colonel me fixait sans rien dire. Je commençais à être gênée par son regard appuyé sur moi quand il reprit la parole :
«- Je comprends mieux l’excellence de vos résultats aux tests d’aptitudes.
- Heu... Merci.»
Je ne savais pas quoi lui répondre et je rougis sous son regard.
«- D’ailleurs, je rougis beaucoup quand il me regarde...
- L’amour, l’amour, l’amour !
- Non !!!»
Ça y est, c’est repartit ! Je suis de nouveau en train de rêvasser sur mon colonel. Il faut vraiment que j’arrête ! Heureusement, le colonel vint (inconsciemment, je vous rassure !) à mon aide :
«- Bien, je crois que nous allons en rester là pour aujourd’hui.
- Oui Colonel.»
Je me levais et saluais, presque calmement (avec un cœur qui essaye de battre les records de vitesse, ce n’est pas simple !). Je remarquais alors le petit sourire moqueur qu’il affichait. Il plait aux femmes et il le sait. Pire, il s’en amuse. D’ailleurs, cela me mit en colère. Contre moi. Parce que j’étais tombée sous son charme comme n’importe laquelle de ces petites pintades qui gloussent sous son nez en se dandinant.
«- Non, la vie du colonel ne m’intéresse pas du tout !!!»
«- Bonne soirée sous-lieutenant, conclut le colonel.
- Bonne soirée Colonel.»
Sur ces formules de politesses des plus banales, je reviens au moment présent pour me rendre compte que je n’avais pas bougé d’un nanomètre depuis tout à l’heure. Je soupirais longuement en me passant une main dans les cheveux.
«- Ouais… Ce premier mois a été vraiment chiant…»
En dehors des recherches concernant les terroristes et des interrogatoires, nous n’avons fait que trier et remplir des dossiers. Ce n’est pas ce que j’appelle un boulot très palpitant. Quant à ce cher colonel Mustang, il a été à la hauteur de sa réputation. C’est-à-dire qu’il a eu 5 femmes différentes dans son lit. Et je n’exagère même pas !
Je sortis de ma petite séance déprime en entendant la porte des vestiaires s’ouvrir et se refermer. Je soupirais légèrement en me levant et me retourner pour me retrouver nez à nez avec le charmeur de ces dames, j’ais nommé le colonel Roy Mustang ! Je me figeais quelques secondes avant de réagir et de me mettre au garde à vous.
«- Repos sous-lieutenant, dit-il calmement. Que faites-vous ici ?
- Je finissais de me changer Colonel.
- Depuis trente minutes ?»
Je ne répondis rien, sachant pertinemment que je ne pouvais rien dire. Je plongeais mes yeux dans les siens avant de me sentir rougir sous son regard et de détourner la tête. Je ne le voyais pas mais je pouvais aisément imaginer son petit sourire moqueur. Je ne sais pas pourquoi, mais je crois qu’il me réserve ce sourire. Souvent, lorsque je le croise, il me l’adresse.
«Ne suis-je qu’une comique pour toi Colonel ?»
Je pense qu’il ne m’a jamais adressé un seul regard intéressé en un mois. Et cela m’a blessé plus que je ne l’aurais voulu ou même pensé. Je relevais les yeux sur lui lorsqu’il toussa légèrement. Je l’observais, attendant qu’il parle.
«- Je voudrais vous demander quelque chose Izumi.
- Oui Colonel ?
- Est-ce que vous êtes seule ou est-ce que vous voyez quelqu’un ?»
Je fus tellement abasourdie par la question que j’en oubliais de fermer la bouche. Par réflexe, je serrais les poings. Puis les dents une fois que j’eus cessé de ressembler à un poisson en manque d’air. Je répondis, une pointe de colère dans la voix :
«- Cela ne vous regarde en rien Colonel.
- S’il-vous-plait, répondez-moi, insistât-il tout en gardant son calme.
- En quoi cela vous concerne ou vous intéresse ?»
J’étais en colère. Plus encore, j’étais blessée.
«- Pourquoi joues-tu avec moi Colonel ?»
Blessée et triste. J’attendais sa réponse, ne sachant que penser de cette conversation. Elle ne tarda pas :
«- Je veux savoir de quelle façon je dois me comporter avec vous.
- De quelle façon vous comporter… avec moi ?», répondis-je en fronçant les sourcils sous l’incompréhension.
Il ne me quittait pas des yeux, cherchant une réponse à sa question. Je le fixais aussi, mais moi, je cherchais à comprendre le sens de ses paroles. Lorsque je le vis approcher, je ne m’inquiétais pas outre mesure. J’étais trop occupée à scruter ses yeux noirs. Mais lorsque je sentis son souffle qui balayait mon visage, je me figeais. Et pris peur. Alors, au moment où ses lèvres se posèrent sur les miennes, je réagis immédiatement.
Plaquant mes deux mains sur son torse, je le repoussais violement, trop choquée pour réfléchir.
«- Colonel !!!»
Je le fixais, empourprée, puis attrapais mon sac avant de partir en courant, aussi vite que si le diable était à mes trousses. J’entendis vaguement le colonel crier mon nom avant que je ne déboule hors du bâtiment et que je ne cours chez moi.
Chapitre 3 : Mais qu’est-ce qui lui prend ?!
«Mon dieu! Ça commence mal aujourd’hui !»
Réveillée à 6 heures du matin, j’ai commencé par exploser mon réveil en me levant. D’un autre côté, je savais pertinemment que je n’aurais pas dû le mettre par terre. Cela fait quatre semaines que je suis là. J’aurais pu acheter une table de nuit. Maintenant, je vais le faire. Vu que je n’ais plus de réveil… Après ce levé pour le moins mouvementé, je réussis à m’extirper des couvertures et à atteindre, au radar, ma nouvelle cuisine. Tout ceci en slalomant entre les cartons. Je parvins même à choper une tasse sans la casser et à la remplir de café. Le micro-onde me parut d’une vitesse incroyable, ne me laissant même pas le temps de me rendormir sur la table. En maugréant, je me relevais et sortais ma tasse pour boire une gorgée de ce liquide salvateur. Il me brûla la langue mais commença enfin à me réveiller. Après trois ou quatre tasses, j’eu enfin la force d’aller prendre ma douche.
Après trente minutes de prélassement, je sortais de la douche et enfilais mes habits. Je fourrais mon uniforme dans un sac et prenais mes clefs avant de partir. Je pris le taxi comme hier (et tous les autres jours d’ailleurs… Je devrais peut-être songer à m’acheter une voiture ou au moins un vélo…) et me dirigeais à la caserne. Une fois là-bas, j’allais me changer dans les vestiaires. Après avoir troqué mes habits civils contre mon uniforme, je me laissais tomber sur le banc en soupirant. Je fixais le sol d’un air endormi en songeant à ce premier mois de boulot. Les trois premiers jours ont été plutôt mouvementés.
Le lendemain de l’attaque, on a tous eu droit à un interrogatoire en règle par les instances supérieures. Bizarrement, ils se sont concentrés sur mon cas. D’accord, j’avais peut-être plus de raison que d’autre de vouloir nuire à l’armé (après tout, ils avaient oublié mon village) mais je ne l’aurais pas fait dès mon premier jour !!! Ça parait logique ! Et bien pas pour eux. Une fois qu’on eu tous été interrogés (que dis-je ! une fois que nous soyons tous passé devant la lampe…), le colonel voulut faire un compte-rendu pour connaître nos impressions et savoir à quoi s’en tenir avec nos supérieurs. Il demanda à chacun de ses subordonnés de raconter leur entretien. Je m’aperçu à cet instant que les sergents aussi ont eu droit à des interrogatoires poussés. Je fronçais un peu les sourcils mais ne me posais pas plus de questions. Mon tour arrivait. Mais, au moment où j’ouvrais la bouche, le colonel prit la parole :
«- Très bien. Comme vous l’avez tous vu, nous sommes dans la ligne de mire du Généralissime», commença-t-il.
Je n’écoutais plus (décidément, c’est une habitude…). J’étais trop abasourdie par ce qu’il venait de faire. Je le fixais sans rien dire, les poings serrés. Je n’ais aucune idée de ce qu’il a raconté à ce moment-là et je m’en moque. La seule chose que j’ai retenue, c’est la fin. Lorsqu’il nous a dit de rentrer chez nous et que tout redeviendrait comme avant. Je saluais comme les autres et me dirigeais vers la porte. Lorsque sa voix me stoppa net :
«- Izumi ! Attendez, je voudrais vous parler.»
Punaise ! Mais pourquoi il a une voix aussi sensuelle ?! Ça ne devrait pas exister !
«- Et puis, pourquoi ça me dérange d’abord ?…
- Aah… L’amour !
- Pas vrai !»
Une fois mon combat intérieur fini, je fermais la porte derrière le lieutenant Hawkeye et me tournais vers le colonel. Je le fixais dans les yeux en m’approchant du bureau :
«- Oui Colonel ?, demandais-je calmement.
- Je voudrais savoir comment s’est passé votre entretien.
- Ah ? Parce que ça vous intéresse finalement ?», laissais-je échapper, mauvaise.
Me rendant compte que j’avais parlé à voix haute, je me mis au garde à vous, attendant que la sanction tombe. Mais curieusement, le colonel parut amusé. Je le dévisageais, en colère mais surtout vexée.
«- Repos soldat, me dit-il calmement. J’ai l’impression de vous avoir vexé, ajouta-t-il, une pointe d’ironie dans la voix.
- Sans blague ?! Crétin de colonel !!! avais-je envie de lui hurler. Mais je réussis à lui répondre calmement :
- Oui, vous m’avez même beaucoup vexée.»
Je fronçais les sourcils et là, il eu une telle réaction que j’eu envie de le tuer sur le champ. Il éclatât de rire ! Je le regardais, ahurie. Il s’en rendit compte et rigola de plus belle. Je serrais les poings et détournais les yeux en maugréant, rougissante. Cela sembla le calmer car il reprit et ajouta :
«- Je m’excuse de vous avoir vexée, dit-il, un petit sourire toujours accroché aux lèvres. Je ne le souhaitais pas.
- Ce n’est pas grave, marmonnais-je, toujours rouge.
- Asseyez-vous.»
Je m’exécutais calmement et croisais les jambes, face à lui. Je le fixais patiemment, attendant qu’il parle.
«- Si je ne vous ais pas interrogée tout à l’heure, c’est à cause de votre dossier, reprit-il.
- Je m’en suis doutée Colonel. Mais j’aurais sût faire attention.
- Vous auriez été obligée de tout me raconter une seconde fois. Cela m’ennuyais pour vous, conclut-il malicieusement.»
Je l’observais, les yeux légèrement écarquillés. Un léger sourire naquit sur mes lèvres.
«- Il se moque de moi en plus !» pensais-je, boudeuse, avant de reprendre, ironique :
- Je suis touchée par votre délicatesse, Colonel.
- Je sens comme une pointe d’ironie dans votre voix, Izumi.
- Non vraiment? Je n'avais pas remarqué.
- Vous êtes perspicace, répondis-je.
- Merci.»
Il souriait tranquillement, amusé. Je ne le quittais pas des yeux, détaillant les traits de son visage. A la fois dur et doux, il impressionnait par sa seule présence. Je crois que c’est surtout à cause de ses yeux noirs. Profonds, ils en cachaient plus qu’ils n’en montraient. Me rendant compte que j’étais de nouveau en train de gagatiser sur mon propre colonel, je détournais les yeux. Sentant son regard sur moi, je me sentis encore plus gênée.
«- Mais arrêtes de me fixer comme ça !! Crétin, non…Sombre crétin de colonel !!! »
Sans que je ne comprenne pourquoi, il rit discrètement avant de reprendre :
«- Lorsque votre combat intérieur sera termine, vous pourrez peut-être me raconter votre entretient.
- Je sens que je vais le congelé… Je le sens… Comme ça, il ne se moquera plus de moi !
- C’est surtout que comme ça, tu pourras l’admirer tout le temps sans interruption.
- Même pas vrai, idiote de conscience !!! »
Toussotant légèrement pour me donner contenance (et aussi pour faire taire ma conscience !), j’entrepris de lui raconter mon entretient :
«-Lorsque je suis entrée, ils m’ont fait signe de m’asseoir. Après que je me sois exécutée, ils ont commencés par me poser les questions d’ordre administratif comme mon nom, mon grade, etc. Suite à ça, ils m’ont demandé de leur raconter ma version de l’attaque.»
Ma voix était calme et je fixais le colonel dans les yeux. Je ne voulais pas qu’il est le moindre doute sur la véracité de mes propos. Son visage n’exprimait aucune émotion et son regard était plus noir que jamais lorsqu’il demanda :
«- Et que leur avez-vous raconté ?
- La vérité, répondis-je calmement. Que le jour de mon arrivée dans cette caserne, nous avons été attaqués par des terroristes. Qu’en premier lieu, j’avais stoppé un missile au niveau de la fenêtre de votre bureau – il hocha la tête en signe d’accord – et, qu’ensuite, nous étions descendus aider les autres. Et qu’arrivée dehors, je ne vous ais pas quitté des yeux, restant toujours derrière vous, conformément à votre ordre.»
Je ne pus empêcher une pointe de colère transpercer dans ma voix. Je lui en voulais toujours pour ça. Il continuait de me regarder calmement en reprenant :
«- Vous m’en voulez toujours pour cet ordre, Izumi ?
- Oui Colonel, répondis-je en essayant de rester calme.
- Cela était nécessaire.
- Pourquoi ?, ma voix était dure.
- Les supérieurs de l’armée n’étant pas encore prêts à vous faire confiance, comme vous l’avez remarqué, je ne voulais pas leur donner une raison de plus de se défier de vous.»
Je le fixais dans les yeux, ne sachant quoi penser de ce qu’il venait de dire. Il le vit car il ajouta :
«- Je ne pensais pas que cela vous gênerait autant.
- Ça n’a pas d’importance», répondis-je calmement, détournant les yeux sous le coup de la honte.
Il sourit discrètement avant de reprendre :
«- Que vous ont-ils dit ensuite ?
- Ils m’ont posés des questions sur ce que j’avais ressentit pendant le combat. Si j’étais heureuse, inquiète, concentrée, etc.
- Et ?
- Je leur ais mentit», répondis-je tranquillement.
Le colonel fronça les sourcils. Je pouvais voir à son regarde fixé sur moi qu’il ne comprenait pas. Il continua, une menace voilée dans la voix :
«- Comment cela ? Étiez-vous heureuse d’être attaquée ?
- Bien sûr que non, Colonel, répondis-je en souriant. Vous avez parfaitement compris ce que je voulais dire.
- Éclairez-moi quand même, Izumi.»
Il parut tout de même soulagé, ses yeux devenant plus clairs.
«- Je t’ais fait peur, hein Colonel ?»
J’étais fière de moi mais je le cachais et répondis :
«- Je leur ais dit que j’avais éprouvé de la peur.
- Est-ce vrai ?
- Non.»
J’étais sérieuse. Je n’éprouvais jamais de peur lors d’un combat. C’était peut-être pour cela que j’avais progressée si vite et que je maîtrisais aussi bien les armes. Je crois que c’est ce que voulait dire mon senseï par "Tu ne vis que pour te battre". Pourtant, cela me semblait normal. Lorsque je me trouvais engagé dans un combat, ce calme était mon meilleur atout. Alors que mes adversaires paniquaient à la première blessure importante, je restais calme et neutre. Et ce, même si mon sang s’échappait de mon corps par de multiples blessures. Cela ma sauvé la vie plusieurs fois.
Pendant ce temps, le colonel me fixait sans rien dire. Je commençais à être gênée par son regard appuyé sur moi quand il reprit la parole :
«- Je comprends mieux l’excellence de vos résultats aux tests d’aptitudes.
- Heu... Merci.»
Je ne savais pas quoi lui répondre et je rougis sous son regard.
«- D’ailleurs, je rougis beaucoup quand il me regarde...
- L’amour, l’amour, l’amour !
- Non !!!»
Ça y est, c’est repartit ! Je suis de nouveau en train de rêvasser sur mon colonel. Il faut vraiment que j’arrête ! Heureusement, le colonel vint (inconsciemment, je vous rassure !) à mon aide :
«- Bien, je crois que nous allons en rester là pour aujourd’hui.
- Oui Colonel.»
Je me levais et saluais, presque calmement (avec un cœur qui essaye de battre les records de vitesse, ce n’est pas simple !). Je remarquais alors le petit sourire moqueur qu’il affichait. Il plait aux femmes et il le sait. Pire, il s’en amuse. D’ailleurs, cela me mit en colère. Contre moi. Parce que j’étais tombée sous son charme comme n’importe laquelle de ces petites pintades qui gloussent sous son nez en se dandinant.
«- Non, la vie du colonel ne m’intéresse pas du tout !!!»
«- Bonne soirée sous-lieutenant, conclut le colonel.
- Bonne soirée Colonel.»
Sur ces formules de politesses des plus banales, je reviens au moment présent pour me rendre compte que je n’avais pas bougé d’un nanomètre depuis tout à l’heure. Je soupirais longuement en me passant une main dans les cheveux.
«- Ouais… Ce premier mois a été vraiment chiant…»
En dehors des recherches concernant les terroristes et des interrogatoires, nous n’avons fait que trier et remplir des dossiers. Ce n’est pas ce que j’appelle un boulot très palpitant. Quant à ce cher colonel Mustang, il a été à la hauteur de sa réputation. C’est-à-dire qu’il a eu 5 femmes différentes dans son lit. Et je n’exagère même pas !
Je sortis de ma petite séance déprime en entendant la porte des vestiaires s’ouvrir et se refermer. Je soupirais légèrement en me levant et me retourner pour me retrouver nez à nez avec le charmeur de ces dames, j’ais nommé le colonel Roy Mustang ! Je me figeais quelques secondes avant de réagir et de me mettre au garde à vous.
«- Repos sous-lieutenant, dit-il calmement. Que faites-vous ici ?
- Je finissais de me changer Colonel.
- Depuis trente minutes ?»
Je ne répondis rien, sachant pertinemment que je ne pouvais rien dire. Je plongeais mes yeux dans les siens avant de me sentir rougir sous son regard et de détourner la tête. Je ne le voyais pas mais je pouvais aisément imaginer son petit sourire moqueur. Je ne sais pas pourquoi, mais je crois qu’il me réserve ce sourire. Souvent, lorsque je le croise, il me l’adresse.
«Ne suis-je qu’une comique pour toi Colonel ?»
Je pense qu’il ne m’a jamais adressé un seul regard intéressé en un mois. Et cela m’a blessé plus que je ne l’aurais voulu ou même pensé. Je relevais les yeux sur lui lorsqu’il toussa légèrement. Je l’observais, attendant qu’il parle.
«- Je voudrais vous demander quelque chose Izumi.
- Oui Colonel ?
- Est-ce que vous êtes seule ou est-ce que vous voyez quelqu’un ?»
Je fus tellement abasourdie par la question que j’en oubliais de fermer la bouche. Par réflexe, je serrais les poings. Puis les dents une fois que j’eus cessé de ressembler à un poisson en manque d’air. Je répondis, une pointe de colère dans la voix :
«- Cela ne vous regarde en rien Colonel.
- S’il-vous-plait, répondez-moi, insistât-il tout en gardant son calme.
- En quoi cela vous concerne ou vous intéresse ?»
J’étais en colère. Plus encore, j’étais blessée.
«- Pourquoi joues-tu avec moi Colonel ?»
Blessée et triste. J’attendais sa réponse, ne sachant que penser de cette conversation. Elle ne tarda pas :
«- Je veux savoir de quelle façon je dois me comporter avec vous.
- De quelle façon vous comporter… avec moi ?», répondis-je en fronçant les sourcils sous l’incompréhension.
Il ne me quittait pas des yeux, cherchant une réponse à sa question. Je le fixais aussi, mais moi, je cherchais à comprendre le sens de ses paroles. Lorsque je le vis approcher, je ne m’inquiétais pas outre mesure. J’étais trop occupée à scruter ses yeux noirs. Mais lorsque je sentis son souffle qui balayait mon visage, je me figeais. Et pris peur. Alors, au moment où ses lèvres se posèrent sur les miennes, je réagis immédiatement.
Plaquant mes deux mains sur son torse, je le repoussais violement, trop choquée pour réfléchir.
«- Colonel !!!»
Je le fixais, empourprée, puis attrapais mon sac avant de partir en courant, aussi vite que si le diable était à mes trousses. J’entendis vaguement le colonel crier mon nom avant que je ne déboule hors du bâtiment et que je ne cours chez moi.
lundi 18 août 2008
Nurithil 3...
Note de l'auteuse: Pardonnez mon manque d'originalité mais les vacances sont passées par là et je n'ais pas encore eu l'occasion de me replonger dans mes pensées. Je vous délivre donc la suite de ma fanfics sur Fullmetal. En espèrant que cela vous plaise...
CHAPITRE 2 : LE COLONEL MUSTANG (tout un poème…)
Confortablement assise dans le taxi, je regardais autours de moi et découvrais pour la première fois Central. J’étais abasourdie par tout ce vacarme et toute cette agitation. Comment font-ils pour réussir à vivre comme ça ? Ils sont entassés les uns sur les autres dans des grands immeubles. Certes, ces bâtiments sont intéressants pour les jeunes mais pour des personnes âgées, j’en doute. Et dans pas longtemps, je serais vieille ! Alors il faut commencer à y penser dès maintenant !!! Oui madame, je parle aussi pour vous...
Enfin, au bout de quelques minutes, je me rendis compte que le paysage changeait. Je voyais les immeubles et autres hôtels de fortunes s’éloigner. Et les petits pavillons individuels (ou presque...) ainsi que les grands bâtiments du centre ville se rapprochaient dangereusement. Jusqu’à ce que, malheureusement ou non, le taxis s’arrête devant la caserne. Je payais et sortis. Là, je restais quelques secondes immobile pour observer le bâtiment et ses alentours. Un immense rectangle de béton, entouré de petits cubes. Voici schématiquement ce que je voyais. Et je n’exagère qu’à peine ! Bon, ok. En fait, c’est moins symétrique que ça. Juste en face de moi, au centre, se trouvait le bâtiment principal. Il contenait tous les bureaux, bibliothèques, archives, etc. du service militaire. Ce bâtiment était entouré, comme je l’ais déjà dit si vous aviez été attentifs (mais oui messieurs, je déconne ! Vous êtes pas marrant), de petits cubes (ou plutôt nids de poule…) à l’intérieur desquels les petits soldats normaux devaient s’entasser un peu pour pouvoir espérer dormir le minimum syndical demandé. Ce qui n’est pas toujours facile, je vous le dis ! Derrière cette vraie mère et ses petits, il y a les terrains d’entraînement et d’examen. Ainsi que la plus grande banque de sang du pays. Vous ne me croyez pas Madame ? Venez donc une journée, non même juste une heure, nous verrons ce que vous direz ensuite.
Lorsque le bruit du taxi se fût éloigné, je me mis en route. Je montais tranquillement les dix marches (environ, je n’ais pas encore compté, je vous rassure !) et entrais. Là, je fus scotchée par la beauté de ce que j’avais sous les yeux. De la boiserie finement taillée, du marbre au sol, un plafond d’une hauteur inconnue (pareil, je ne me suis pas amusée à mesurer) et un bureau d’accueil dans le plus pur aspect plastique que l’on pouvait alors trouver dans les grands magasins. Si encore il y avait une personne souriante, ça aurait été ! Mais non. Ils ont collé, pour accueillir les personnes, une porte de prison ! Bien joué ! Et après, comment voulez-vous que les jeunes croient que l’armée est un boulot sympa ??? Pff…..Ces politiciens, j’vous jure ! Enfin, toujours est-il que je me dirigeais vers cette charmante dame et lui demandais d’un ton fort poli je trouve.
«- Pardon, pourrais-je avoir le numéro du bureau du colonel Mustang, s’il-vous-plait ?
- 228 ! »
Hou !!! La voix aussi froide que le pôle Nord !!! Brrr ! Après un merci plutôt refroidit lui aussi, je montais les deux étages par les escaliers. Et oui, je suis sportive ! (c’est surtout qu’il n’y a pas d’ascenseur dans cette satanée caserne !) J’arrivais là-haut à peine essoufflée (sans me vanter) et me dirigeais vers le bureau 228. Tout au bout du couloir bien sûr. Arrivée devant, bizarrement, je me fis plus petite qu’une souris. Je levais la main, hésitante. C’est vrai quoi. Après tout, si je m’éclipse maintenant et que je démissionne, qu’est-ce que je risque ? A part une énorme baffe de mon senseï ? … Bon, je vais peut-être éviter alors. Je frappais donc courageusement.
«- Entrez ! »
Aïe ! Voix suave, très belle, autoritaire. Je ne sais pas si c’est bon signe. Enfin, j’ouvris la porte et entrais. Je m’avançais entre deux rangs de bureaux derrière lesquels se trouvaient exclusivement des hommes. Ils me regardaient tous avec des yeux aussi gros que deux coupelles. Quoi ? Qu’est-ce que j’ai ? Une crotte qui pend ? Un bout de salade entre les dents ? Ah non, ça c’est pas possible. Je n’ai pas eu le temps de manger à midi. Bon, alors quoi ? Je suis certaine que mon uniforme est impeccable et bien en place. Je le sais, j’ai vérifié trois fois avant de venir ! C’est vrai qu’ils ne sont pas très pratiques quand même ces trucs. Mais bon, je les aime beaucoup. Bleu marine, chemise et pantalon (ben oui, c’est bien plus pratique que ces minis jupes même si ça casse un peu le mythe de la belle militaire sur le bureau de son chef. Non monsieur, ne soyez pas gêné, vous savez que c’est vrai), recouvert avec une sorte de petite cape attachée à la ceinture, avec les cordons jaunes dorés accrochés aux épaules et les galions dorés pour ceux qui les ont mérités. Je les trouve vraiment classes. En plus, ils sont fait sur mesure. Alors il ne peut être ni trop grand ni trop petit pour moi. Bof, je m’en fou après tout. Ils ont l’air idiots, c’est leur choix à eux.
Je m’avançais donc, droite, les yeux fixés sur le colonel, sans plus prêter attention aux regards de ces imbéciles heureux. Voyons, combien sont-ils ? Un binoclard, un fumeur, un vieux et un rondouillard ! Quatre plus une femme. Ce doit être elle que j’ai eue au téléphone. Punaise, ce qu’elle est belle ! Pfiou ! C’est ce que j’appelle bien porter un uniforme ! Enfin, le colonel est aussi pas mal dans son genre. Visage impassible, traits fins, yeux noirs, profonds et mystérieux, coupe de cheveux un peu à la va-vite. Si je m’écoutais, j’en tomberais raide dingue (tient, c’est déjà fait…). Je m’arrêtais devant son bureau et le saluais, le fixant toujours dans les yeux. Et là…
"Tient, un chiot…Non... Non, ne t’approche pas. Si tu me pisses dessus, tu finis en statue de glace, je te préviens ! Voilà, c’est bien, va vers le binoclard."
Donc, je saluais.
«- Sous-lieutenant Lola Izumi, à vos ordres Colonel !»
Droite comme un I, ne cille pas, ne le quitte pas des yeux.
"Eh oh ! C’est quoi cette lueur moqueuse dans tes yeux Colonel ? Je ne te permets pas ! "
«- Rompez sous-lieutenant.»
Raaah ! Encore cette voix enjôleuse et calme.
"Tu m’auras pas Colonel ! "
Je restais droite et croisais mes bras derrière mon dos. Je gardais les yeux posés sur lui et le regardais prendre un dossier. Le mien apparemment.
«- Je vous ais pris sous mes ordres parce que vous êtes une alchimiste prometteuse (pourquoi ils ont des hoquets de surprise derrière ???) Mais pas si vous restez dans votre cambrousse. En espérant que je ne me sois pas trompé.»
"Pourquoi ce petit sourire moqueur Colonel ? "
«- Vous serez principalement sous les ordres du lieutenant Riza Hawkeye.»
Échange de signes de tête.
«- Il y a aussi dans ce bureau, Breda, Farman, Fury et Havoc, tous des sergents.»
Petit demi-tour et léger signe de tête, visage sans expression bien sûr, comme un bon soldat. Mais en tout cas, heureusement que le colonel est là pour rattraper le niveau.
"Bien joué Colonel ! "
«- Votre boulot consiste à seconder le lieutenant. Vous remplirez des dossiers, ferrez de l’archivage répondrez au téléphone, assisterez aux réunions et l’assisterez lors des enquêtes. C’est compris ?
- Oui Colonel.»
Allez, on salut ma grande.
"Ah non Colonel ! Si tu commences à sourire, je vais me jeter dans tes bras moi ! "
Qu’est-ce que c’est que ce bruit ? Non, ne me dites pas que, dès ma première heure, il va falloir que je me battre ?! C’est pas possible, j’ai vraiment pas de chance. Ils sont idiots ou quoi, pourquoi ils s’avancent vers la fenêtre ? Ils ont envie de mourir ?! Bon, je vais les suivre puisque c’est comme ça. Je suis quand même très curieuse… Tient, un mouvement. Il est sur le toit d’en face. Non…Allez quoi, soyez sympa ! Ne me foutez pas un missile sur les bras dès aujourd’hui ! Et ben si, vous l’avez fait ! J’ai vraiment la poisse moi !!! Enfin, je respirais un bon coup et m’approchais un peu plus de la fenêtre. Je l’ouvris et me pris une grande bourrasque d’air froid en pleine figure. Je frissonnais un peu mais, au lieu de rentrer bien sagement, je m’appuyais sur le bord.
"Droit dans la gueule du loup ma grande ! "
«- Pourquoi ouvrez-vous la fenêtre alors qu’il y a des tirs en dessous ? »
"Ce n’est pas la peine d’être méchant avec moi Colonel ! "
Je ne répondis rien et me contentais de fixer l’immeuble d’en face.
"Ah enfin ! Il a bougé ! "
Je souris et le gardais dans mon champ de vision.
"Calme-toi Colonel ! Je m’entends plus penser ! "
Je vous jure ces bureaucrates, à peine un courant d’air et ils crient. Je ne répondis rien. Et lorsqu’il posa sa main sur mon épaule, je frappais dans mes mains. Il se figea sur place, fixant le missile que je venais d’arrêter, en le congelant, juste devant son nez. En entendant le missile tomber et s’écraser au sol, je me tournais vers lui avec un petit sourire aux lèvres :
«- J’espère que le froid ne vous gêne plus maintenant Colonel.»
Il tourna son regard noir vers moi et je crus un instant qu'il allait exploser. Mais...
"Oh! Surprise des surprises!!! "
Il sourit et me dit :
«- Nous verrons cela plus tard. Lorsque vous aurez pris un peu d'expérience et de cervelle...»
"Tu es méchant Colonel ! Je vais bouder ! "
«...et que nous serons plus tranquilles...»
"Une proposition ? "
«...alors, nous verrons qui a raison entre le feu et la glace. Pour l'instant, allons aider ceux d'en-bas qui ont l'air d'en avoir bien besoin.
- Oui Colonel!»
Je saluais et lui emboîtais le pas. Derrière nous, j'entendais les murmures précipités des quatre sergents.
"Bande de pipelettes !! "
Ils étaient en train de poser plein de question au lieutenant Hawkeye... Sur moi ? "Intéressant, je suis une star ! "
La pauvre, elle est harcelée. Ah, ça y est, elle craque et leur ordonne de se taire. Je ne peux m'empêcher de sourire légèrement. Nous descendîmes rapidement les deux étages, ne rencontrant personne sur notre chemin.
"Bizarre... Vous avez dit bizarre ?? "
Je fronçais les sourcils et jetais un coup d'oeil au colonel. Marchant à côté de lui, je pouvais percevoir sous son air détaché une tension extrême.
"Alors Colonel ? Inquiet ? "
Ça tombe bien, moi aussi. Un peu (non, je ne fais pas ma maligne!!!). Je soupirais un peu et lui demandais calmement :
«- Colonel, que devrons-nous faire une fois dehors ?"
"En clair, on a une stratégie ou on fonce dans le tas ? "
Il prit le temps de réfléchir avant de me répondre d'un ton posé :
«- Vous, vous restez près de moi, un pas derrière quoi qu'il arrive. Lieutenant, vous et les sergents, vous...»
Je n'écoutais plus. Le sang battait dans mes oreilles, bouillait dans mes veines. "Un pas derrière moi". Il ne me fait pas confiance. "Un pas derrière moi. " Je lui sauve la vie, sa jolie petite tête (vraiment jolie même, mais ce n'est pas le sujet) et comment me remercie-t-il ? "Restez près de moi, un pas derrière." Je suis déçue. Et en colère. Il va voir. Il va voir de quoi je suis capable. Je serrais les poings de toutes mes forces et respirais profondément, lentement, pour me calmer.
"Tu vas voir Colonel ! "
Une fois le calme revenu dans ma tête et mon sang ayant reprit sa température normale (c'est-à-dire lorsque je ne ressemblais plus à volcan en éruption), je me forçais à écouter de nouveau.
«- ...Et surtout, quoi qu'il arrive, vous restez le plus proche possible de moi. Que je puisse intervenir rapidement pour vous aider au besoin. Compris ?»
Six voix s'unirent pour lancer une affirmation claire. Nous étions arrivés devant la porte. Je sentais la tension monter graduellement. Je voyais les sergents (le binoclard, Fury je crois, et le rondouillard, Breda ou un truc dans le genre) qui commençais à s'agiter. Bizarrement, le fumeur (Havoc ? ... Je sais plus non plus) avait arrêté de mâchouiller sa cigarette et fixait la porte d'un regard si intense que je me demandais comment elle faisait pour ne pas fondre instantanément. Je sourit légèrement. Je n'avais plus peur. Les seuls tremblements qui agitaient mes doigts étaient des tremblements d'excitation et d'impatience. A ce moment-là, sans vraiment savoir pourquoi, je me suis souvenue de mon village, de mon senseï... Je ne vous l'ais pas dit, je viens d'un village de l'Est, proche des montagnes. Il n'est pas très grand, tout le monde se connaît. Il va sans dire que lorsqu'une personne est dans le besoin, tout le monde l'aide. Mais je devrais mettre tout ça à l'imparfait. Parce que c'est de l'histoire ancienne. Elle date d'au moins dix ans. Car, malheureusement, cette fois-là, nous n'avons pas aidé la bonne personne.
Un jour, un homme est arrivé à l'auberge. Il était fatigué, hagard et blessé. Il nous a demandé de l'aider. Et nous avons acceptés. Ce fut notre perte. Nous l'avons soigné, nourrit et logé. Durant six mois environ, tout alla bien. Très bien même. Car, en plus de maîtriser l'alchimie, il était vraiment charmant. Très discret bien que plutôt mignon. Les cheveux blonds clairs, des lunettes carrées, une petite barbe, toujours vêtu d'un grand manteau. Il est toujours resté seul, alors que nombre de nos jeunes filles (parmi les plus jolies) voulaient sortir avec lui. En prenant du recul, ce fut une bonne chose bien qu'elle ne sauva personne. Il s'appelait Hoenheim. Mais je m'égare et je n'ais guère de temps. Six mois passèrent donc, sans soucis. J'avais alors dix ans et je vivais avec mes parents dans l'insouciance de la jeunesse. Ah, belles années si vite parties ! (mon dieu ! je suis un poète !!!) Elles me manquent maintenant. Mais à l'époque je n'y pensais pas. Comme tous les enfant, j'entrais dans l'adolescence et mes parents commençaient à me peser, mes petites soeurs à être trop petites justement. Comme ils me manquent aujourd'hui.
Ce jour-là, je jouais dans la rue principale comme j'en avais l'habitude. Je vis un nuage de poussière au loin, qui se rapprochais rapidement. Je me redressais. Et lorsque j'aperçu des chevaux, je me mis à courir en direction du village. Nous avions l'habitude des attaques mais celle-là allait être d'une violence inouïe. Je courrais aussi vite que mes petites jambes me le permettaient, criant que nous étions attaqués. J'arrivais juste à la première maison lorsque je reçu une pierre à l'arrière du crâne. Plus rien... Je me suis évanouie. Pourtant, je sentais encore le sol trembler sous moi mais je ne voyais et n'entendais plus rien. Je ne sais pas combien de temps je restais comme cela. Par moment, je me sentais soulevé et transporté. Une personne, je ne sais pas qui même aujourd'hui, me nourrissait et me lavais. Et puis, sans crier gare, mes yeux se sont ouverts. Je venais de faire un cauchemar particulièrement horrible. J'étais en sueur, haletante. J'étais faible mais je parvins cependant à me redresser. Je regardais autours de moi. Je me trouvais dans une grotte inondée de lumière. Il n'y avait personne. Par l'ouverture, j'apercevais une forêt. Je me levais péniblement, tremblant sur mes jambes et je sortais en titubant. Respirant profondément l'air pur, je me rendis compte que j'étais blessée à la hanche droite. Je ne comprenais pas mais ne cherchais pas plus loin pour l'instant. Le plus important pour moi étais de sortir de là et d'aller retrouver mes parents au plus vite pour leur dire que j'allais bien. Ils devaient être inquiets. Et puis moi, j'étais inquiète pour mes petites soeurs. Je connaissais les régions aux alentours de mon village par coeur. Je regardais autours de moi et poussais un soupir de soulagement. Je ne devais pas être très loin puisque je reconnaissais la clairière que je voyais en face de moi. Je souris un peu et regardais une dernière fois dans la grotte. N'y voyant rien d'intéressant et sachant que j'allais trouver tout ce qu'il me fallait pour manger et boire sur le chemin, je me m'y en route. J'étais pressée de rentrer chez moi. Mon retour au village ne fut guère palpitant (juste un renard qui a essayé à ses dépend de me manger un bout de jambe...), je vous en épargnerais donc le récit. La suite est, je l'espère, plus intéressante.
Après un ou deux jours de marche, je sortis de la forêt. Là, je fus pétrifiée par ce que j'avais sous les yeux. Mon coeur rata un battement. Le village, mon village, n'existait plus. Les maisons, avant remplies de monde et très chaleureuses, étaient détruites, réduites en cendres. A l'extérieur du village, une série de tente. Je parcourais des yeux la plaine, essayant de reprendre mon souffle et de contrôler mes larmes. A ce moment-là, j'eus un nouveau coup au coeur. Face aux tentes, debout devant les attaquants, Hoenheim. Il parlait avec eux. Je ne pouvais pas entendre ce qu'ils disaient mais je n'en avais pas besoin. J'avais compris l'essentiel. Hoenheim nous avait trahit. Nous l'avions accueillit à bras ouverts et lui, pour nous remercier, nous a détruit. D'un coup, j'explosais. C'était trop pour moi. Trop d'un coup. Une rage immense se déversa en moi. J'en perdis la raison. Je m'élançais vers eux, courant aussi rapidement que possible. En arrivant près du village, une odeur de chair brûlée me sauta au nez, augmentant encore ma fureur. J'hurlais ma douleur et courut de plus belle. Je sautais sur le premier homme qui se dressa devant moi, mordant, griffant, lacérant sa peau. Je voulais atteindre Hoenheim et le tuer. Oui, vraiment. Je voulais sa mort. Jusqu'à ce qu'une main s'abatte sur ma tête et m'assomme.
Cette fois-ci, je ne me rappelle vraiment de rien. Lorsque j'ouvris les yeux, je me trouvais dans une chambre douillette bien au chaud sous des couettes. Avant même de me demander où j'étais et qui m'avais emmené là, je fondis en larmes. Serrant mes poings jusqu'à ce que mes ongles, s'enfonçant dans ma peau, me fassent saigner. J'hurlais, me maudissant pour ma faiblesse et mon imbécillité. Je fermais les yeux, essayant d’échapper aux visions qui me tourmentaient. Les maisons qui brûlent. Les corps calcinés. L'odeur. Tout ça tournait dans mon esprit à une vitesse vertigineuse. Les chevaux qui arrivent, Hoenheim qui parle avec les bandits, la terre qui tremble sous leurs coups. Je me débattais, hurlant pour que quelqu'un m'aide. Le sol tourne. Il n'y a plus personne. Je ne sais plus où est le haut, où est le bas. Je ne me rappelle plus qui je suis. Ils sont tous en moi. Abandonnée, je voie les cadavres des villageois qui viennent vers moi. Je ne peux rien faire. Que quelqu'un m'aide. Je suis enchaînée.
Jusqu'à ce que deux mains me prennent par les épaules et me secoue. J'ouvris brusquement les yeux. Ma respiration était précipitée, mon front moite. Je fixais de mes grands yeux verts le visage d'une jeune femme penchée sur moi. Des larmes amères continuaient de rouler sur mes joues. Sans un mot, elle prit un mouchoir et m'essuya le visage. Je me laissais faire. Elle était douce. Je n'avais plus la force de lutter. Elle pouvait faire de moi ce qu'elle voulait, de toutes façons, j'étais morte en même temps que ma famille et mon village. Elle ne chercha pas à me faire parler ou à me consoler avec des mots inutiles. Lorsque je me levais pour la première fois trois jours plus tard, les premiers mots qu'elle m'adressa furent:
«- Bien dormis petit loire ? »
Durant les mois qui suivirent, tout le temps de mon apprentissage, et même encore maintenant, elle m'appelle comme ça. Pour moi, elle est mon senseï. Elle m'adopta quelque temps après et m'appris beaucoup de chose. Notamment l'alchimie et l'art du combat. Elle disait que j'étais douée. Mais lorsque je lui ais avoué mon désir de m'enrôler dans l'armée pour rechercher Hoenheim, j'ai cru qu'elle allait me tuer. Il faut savoir que, bien qu'elle ait un visage magnifique et doux, lorsqu'elle est en colère, ma senseï est pire qu'une tornade (non, vraiment, je n'exagère pas ! M'accuseriez-vous de mentir ?!). Mais elle finit par accepter. De toutes façons, elle savait que, lorsque j'ai une idée en tête, rien ne me fait changer d'avis. Le jour de mon départ, sur le quai, elle me dit une chose qui est restée gravée en moi depuis :
"- Je t'ais vu te battre l'autre jour avec les hommes petit loire. J'ai découvert une chose que j'avais voulu ignorer jusque là : tu ne vis que pour te battre. C'est pour ça que j'ai décidé de te laisser t'enrôler. Et c'est pour ça que tu es devenue aussi forte en si peu de temps. Et que l'armée est parfaite pour toi. Mais fait attention. Que ta fougue ne t'emporte pas trop loin ou tu perdrais la vie..."
Me rappellent ces phrases, je revins à la réalité au moment où le colonel donna l'ordre de sortir. Havoc et Fury ouvrir la porte. Le bruit des mitrailleuses nous assaille. Sans hésitations, nous nous élançâmes en bas des escaliers. Breda et Fury allèrent rejoindre les mitrailleuses où les défenses commençaient à faiblir. Ils sortirent leurs armes et firent feu. Havoc et Farman, sous les ordres du lieutenant, s'occupèrent de la protection du colonel. Celui-ci, le visage toujours fermé, claquait des doigts à tout bout de champ (non, il n'a pas de l'arthrose, il a juste l'oreille musicale !!! ), mettant le feu aux armes, aux vêtements et même aux hommes. Pendant ce temps, je restais un pas derrière lui, bien sagement, comme il me l'avait dit. Je réussis à garder ma place bien que mon sang s'agita dans mes veines. Je voulais aller à la rencontre des assaillants, me battre avec eux vraiment. Je n'éprouvais aucune peur. Après tout, je "ne vis que pour me battre." Frappant dans mes mains lorsque les soldats s’approchaient trop du colonel (histoire de protéger sa belle frimousse), je les congelais les uns après les autres. Je n'avais aucuns remords. Et, à dire vrai, je commençais à m'ennuyer sévère lorsque que les terroristes décidèrent de se retirer devant le nombre de soldats toujours grandissant. Je soupirais de tristesse et d'ennui, m'attirant un regard septique de la part du colonel. J'entendais les cris de joie des jeunes soldats, vite réprimés par leur chef.
"Et oui jeune gens, ce n'est peut-être pas fini. Espérons le... "
J'étais plutôt joyeuse et, en fait, j'attendais avec espoir qu'ils reviennent, plus nombreux. J'étais encore excitée par ce qu'il venait d'arriver. Je voulais courir, rire, me battre encore. J'étais emplie de l'euphorie du combat, me rappelant sans cesse les paroles de mon senseï. "Tu ne vis que pour te battre". Malheureusement, après quinze minutes d'attente, personne n'étaient revenu. Le colonel rappela Breda et Fury près de lui, attendant les ordres. Des patrouilles furent envoyées à la poursuite des terroristes. On nous donna l'ordre de retourner dans nos bureaux. Nous devions être interrogés ensuite.
Je marchais tranquillement derrière le colonel. Je l’avoue franchement, j’étais dans les nuages. Plutôt pas mal quand il se bat… Arrivés dans le bureau, les hommes se laissèrent tomber sur leur chaise respective en soufflant lourdement. Le lieutenant alla se placer derrière le colonel comme toujours. Ne sachant pas où me mettre, je croissais les bras et m’appuyais contre le mur, à côté de la porte. Je regardais dehors et laissais mon imagination vagabonder à sa guise. Ne me demandez pas exactement à quoi je pensais, je ne m’en souviens pas vraiment. Je vois une vague image d’homme…
"-Colonel ?… Oulà, je vais pas bien moi ! Ok, il est super canon, très sensuel et plutôt autoritaire.. Non, même très autoritaire ! Je ne voie pas pourquoi j’en tomberais amoureuse, n’importe quoi !
-Mon dieu !! Tu as eu le coup de foudre ma vieille !!! Et il fallait que ça tombe sur ton supérieur !
-Mais non, je me fais des films. C’est juste de l’admiration.
-C’est pour ça que tu as le cœur qui s’emballe dès qu’il te parle et que tu te verrais bien dans ses bras ?
-Je… N’importe quoi !
-Alors pourquoi tu rougis ?
-Je rougis pas ! J’ai chaud, c’est tout ! Et puis d’abords, la ferme, idiote de conscience !!! "
J’étais vraiment boudeuse. Et juste à ce moment-là, le colonel décide de m’appeler vers lui. J’ai vraiment un super karma moi, c’est génial ! Après un léger soupir, je me dirigeais tranquillement vers son bureau. Je m’arrêtais face à lui et fixais le mur derrière lui :
«- Oui Colonel ? »
Extra, j’ai la voix qui tremble en plus !
«- J’ai été très impressionné par votre façon de combattre. Vous êtes très calme. »
Il fixait ses yeux sombres sur moi et me scrutait. Son regard était tellement intense que je ne pus que plonger mes yeux dans les sien, subjuguée. J’étais incapable de parler.
"Il dégage une telle puissance…Il…Il me fait peur…"
Un léger frisson parcouru mon échine. Je gardais le silence, attendant la suite :
«- Un commentaire à faire ?
- Non Colonel. »
J’essayais de garder mon calme, sans grand succès. En plus, je ne tiendrais pas longtemps. Pour l’instant, j’arrivais encore à contrôler mes frissons mais mon cœur avait définitivement échappé à toute maîtrise de ma part. Et mes entrailles s’étaient fait la malle.
«- Et bien moi, j’ai quelque chose à dire. »
Encore ce regard insondable.
"Je vais craquer… Je vais m’effondrer…"
Je ne devais surtout pas quitter ses yeux sinon j’allais tomber lamentablement par terre.
«- En fait, j’aurais besoin d’un renseignement vous concernant. C’est important pour que je puisse me faire une idée sur votre véritable attitude de tout à l’heure. »
Il souriait maintenant.
"Mon dieu, que vas-tu me demander Colonel ? "
Je redoutais sa question mais j’essayais de ne pas le montrer.
«- D’où vient votre façon de vous battre ? »
Le temps se figea. Je fixais ses yeux sans rien dire, impassible.
"De quel droit tu me poses cette question Colonel ?"
«- J’ai lu dans le rapport que vous aviez eu une enfance normal et tranquille, continua-t-il. Mais bizarrement, elle ne commence que le jour de vos dix ans. »
Le temps a repris son cour. Mon cœur s’était définitivement emballé. Mais ce n’était plus de l’admiration ou même (idée complètement absurde…) de l’amour. C’était de la colère. De la haine même. Mes entrailles étaient revenues mais elle pesaient à présent extrêmement lourd.
"Pourquoi ? J’ai rien mangé pourtant."
Je le fixais toujours sans rien dire.
«- Alors, après avoir vu votre façon de réagir au combat, je voudrais savoir ce qu’il vous ait arrivé avant.
- Cela ne vous regarde pas Colonel. »
Ma voix était un peu dure et mes yeux lançaient des éclairs. Ils auraient été remplacés par des mitraillettes, il était mort sur-le-champ le pauvre. Il fronça les sourcils et demanda d’une voix un peu plus cassante :
«- Pourquoi ?
- Parce que, cela ne vous regarde pas.
- C’est un ordre sous-lieutenant. »
Il était vraiment en colère pour me dire ça. Mais ça ne changeait rien pour moi. Il n’avait pas à me demander ça. "Réfléchit Colonel, il y a une raison si ma vie de zéro à dix ans n’est pas là ! Idiot ! "
Je sentais la colère monter en moi, faisant chauffer mon sang. Je respirais profondément pour me contrôler et éviter que le rouge ne me monte aux joues. Je serrais les points légèrement avant de répondre calmement :
«- Cela ne change rien. Je ne répondrais pas. »
Je ne cillais pas et continuais de le fixer. Je voyais ses yeux s’assombrir sous le coup de la colère. Une boule se forma au creux de mon ventre à cause de la peur. Je me forçais à ne rien dire et à ne pas partir, attendant la sanction.
«- Avez-vous conscience d’aller contre un ordre direct, sous-lieutenant ?
- Oui Colonel. »
Je le fixais toujours. Soudain, il claqua des doigts, mettant le feu à un dossier posé sur son bureau. Je ne bougeais pas, trop surprise. Je restais impassible. Pourtant, je ne parvenais pas à cacher la lueur d’incompréhension au fond de mes yeux.
"C’est pour ça que tu as l’air amusé Colonel ???"
Et là, il me cloua sur place :
«- Bien, je vous félicite sous-lieutenant. »
Là, c’est bon, je suis perdue. Je ne savais pas que refuser de répondre à un ordre d’un supérieur était une bonne chose mais bon. Et je pense que je ne suis pas la seule vue la tête des quatre hommes. Il dut s’en apercevoir car il sourit un peu et ajouta :
«- Le Généralissime voulait être sûr de votre silence.
- Donc vous êtes au courant. »
Ce n’était pas une question, juste une constatation. Il hocha la tête :
«- Oui, il fallait que je le sache d’après le Généralissime. »
Un éclair de colère assombrit mes yeux. Je serrais les poings de toutes mes forces pour contrôler mes tremblements de colère. Mes mâchoires étaient crispées et totalement verrouillées. Je me demande d’ailleurs comment je pu parler encore après ça ! Le colonel s’en rendit compte car il me demanda d’une voix toujours aussi calme et posée :
«- Que ressentez-vous sous-lieutenant ?
- Je préfère ne pas répondre Colonel. En revanche, je demande la permission de sortir quelques minutes. »
J’étais fière de moi, j’avais réussi à contrôler les tremblements de ma voix. Je le fixais droit dans les yeux.
«- Je ne peux pas vous l’accorder. Dois-je vous rappeler que nous sommes tous confinés dans nos bureaux ?
- Non Colonel.
- Parfait. Alors vous pouvez disposer. »
J’effectuais un rapide salut et j’allais me poster devant la fenêtre la plus éloignée. J’étais toujours bouillante de colère. "Comment ont-ils osé ? C’était ma vie !!! Merde !!! "
Je serrais de plus en plus les poings. Je sentais mes ongles s’enfoncer dans ma peau. Quelques gouttes de sang coulèrent le long de ma paume. Je n’y prêtais pas attention, concentrant toutes mes pensées sur l’extérieur.
Je n’entendis pas approcher le colonel. A vrai dire, cela faisait plusieurs minutes que je ne prêtais plus attention à ce qu’il se passait autours de moi. Du coup, lorsque le colonel posa une main sur mon épaule, je sursautais légèrement.
«- Izumi, vous m’entendez ? »
Je me mis immédiatement au garde à vous, fixant le mur derrière lui. J’espérais qu’il ne verrait pas ma colère au fond de mes yeux :
«- Oui Colonel. Pardon.
- C’est bon, rompez. »
Sa voix était calme, toujours aussi profonde.
"M’en fou ! Je t’aime plus Colonel ! "
Je me retournais vers la fenêtre, essayant d’oublier sa présence à côté de moi. D’un coup, un mouchoir apparut devant mes yeux. Ne comprenant pas ce que j’étais censée faire, je jetais un coup d’œil curieux au colonel. Il me sourit et répondit à ma question muette :
«- Pour vos mains. »
Je baissais alors les yeux vers mes paumes, remarquant enfin les traces sanguinolentes laissées par mes ongles. Je pris calmement le mouchoir et le plaquais sur une de mes paumes. Je réprimais une grimace de douleur et appuyais plus fort.
«- Pourquoi vous faites-vous du mal ? »
Je lui jetais un coup d’œil furtif avant de répondre :
«- Je n’ais pas mal. Et puis ça me calme.
- Ça vous calme ?, demanda-t-il surpris.
- Oui, ça me permet de faire passer ma colère, répondis-je calmement en fixant le mouchoir qui prenait une teinte rouge.
- Vous êtes en colère ?
- Oui. »
"Bien sûr que je suis en colère, idiot de Colonel! Vous avez fouillé dans ma vie !!! "
«- Pourquoi ? demanda-t-il calmement.
- Vous vous le demandez vraiment ? »
Je le fixais droit dans les yeux. J’étais dure et mon visage était fermé :
«- Oui, je veux savoir ce que vous pensez. »
"Merde !! Mais pourquoi il est aussi calme ?! Tu m’énerves Colonel ! "
Je réfléchis quelques minutes avant de répondre d’une voix calme mais triste :
«- Vous avez fouillé dans ma vie.
- Vous faites partie de l’armée. Nous devons savoir qui vous êtes.
- Mais vous ne vous êtes pas demandés pourquoi je n’ais pas de vie avant l’âge de dix ans ?! »
Ma voix était devenue cassante, emplie d’une mélancolie sans borne. Je le fixais dans les yeux, cherchant une réponse, une sortie de secours. Il sembla percevoir mon désarroi car il me répondit doucement :
«- Je comprends que cela puisse être dur pour vous mais il fallait que nous le sachions. Pour vous protéger.
- Me protéger ? Vraiment ? répliquais-je, ironique. Et où était l’armée il y a dix ans, lorsque mon village a été détruit ? demandais-je à voix basse, une pointe de colère perçant au travers des sons.
- Si vous haïssez l’armée, pourquoi vous êtes vous engagée ?
- Qui a dit que je la haïssais ? répondis-je en souriant. En fait, je pense que la seule chose qui ne va pas dans notre armée, c’est la personne qui la dirige. »
En prononçant ces mots, je me retournais vers la fenêtre, songeuse. Je sentais son regard dans mon dos. J’attendais patiemment sa réponse :
«- Mesurez-vous la portée de vos paroles, sous-lieutenant ?
- Oui, parfaitement Colonel.
- C’est pour cela que vous avez demandé votre mutation ici ? »
Mon sourire s’élargit. Je me tournais de nouveau vers lui pour faire face à ses questions. Je croissais son regard. Il était curieux, puissant et même intimidant.
"Tu me fais peur Colonel. Non, tu m’impressionnes…"
Je répondis calmement :
«- Oui Colonel. C’est une de mes raisons.
- Quelles sont les autres ?
- L’éloignement, répondis-je, toujours souriante. Les autres raisons ne regardent que moi. »
Ma voix était calme, plutôt douce. Je parlais en murmurant, ne voulant pas que les autres surprennent notre conversation. Le colonel esquissa un de ses petits sourire enjôleur dont il a le secret et ajouta :
«- Très bien. Je me contenterais donc de cette réponse.
- Alors vous devenez sage, répliquais-je, un peu ironique, en tournant de nouveau les yeux vers l’extérieur. J’étais légèrement moqueuse.
- Vous êtes à la limite de l’arrogance Izumi, dit-il en souriant un peu plus et en fixant mon profil de ses yeux onyx.
- Peut-être mais je ne l’ais pas dépassé pour l’instant. Je peux donc continuer.
- Attention ! Vous avez un pied dessus là !
- Ah bon ? dis-je surprise. Pourtant je ne vous marche pas dessus. »
Ma voix était taquine. Je lui jetais un regard amusé avant d’éclater de rire en même temps que lui. Les autres nous lancèrent des regards suspicieux. Soudain, quelqu’un frappa à la porte. Le colonel calma instantanément son fou rire et retourna à son bureau en donnant l’ordre de rentrer. Je l’observais en souriant calmement. J’étais vraiment impressionnée par sa… présence, sa façon de se tenir. Il y a quelques secondes, il riait avec moi. Et maintenant, il se tenait, impassible, derrière son bureau. Je comprends pourquoi il a atteint le grade de colonel et pourquoi tous lui font confiance pour aller plus haut encore. Il s’entretenait avec un jeune soldat qui avait l’air embarrassé et pas du tout à l’aise face à lui. Je sortis de ma rêverie en le voyant se lever. Je m’approchais d’un ou deux pas du bureau, attentive :
«- Les ordres ont changé. Le Généralissime a ordonné que nous rentrions chez nous. Nos interrogatoires sont reportés à demain matin, à la première heure. Moi, j’ajoute un ordre : restez sur vos gardes. Les terroristes n’ont toujours pas été retrouvés ni même localisés.
En prononçant ces mots, il nous regarda intensément tour à tour. Je soutenais son regard calmement :
«- Bien, vous pouvez partir. Rompez soldats. »
Je saluais en même temps que les autres et sortis après eux. Je marchais calmement, les mains dans les poches. J’étais rêveuse. Je ne faisais pas attention aux regards ou aux chuchotements que j’entendais sur mon passage. Lorsque j’arrivais dehors, je levais les yeux au ciel en m’arrêtant quelques secondes. Je serrais le mouchoir du colonel dans ma poche et je souris. Puis je me remis en route. Je voulais rentrer à pied pour pouvoir réfléchir à tout ça.
"Mon dieu ! Quelle journée de fou ! "
J’arrivais chez moi trente minutes plus tard. J’entrais et jetais mes clefs sur la table. Je baillais largement. J’étais complètement vidée ! Ma veste alla rejoindre mes clefs et je me dirigeais dans la salle de bain après avoir attrapé mon pyjama dans ma chambre. Je me déshabillais rapidement et me glissais sous la douche bien chaude. Je fermais les yeux paresseusement et soupirais légèrement en songeant : "Pfiou ! Et bien, première journée, passée !"
CHAPITRE 2 : LE COLONEL MUSTANG (tout un poème…)
Confortablement assise dans le taxi, je regardais autours de moi et découvrais pour la première fois Central. J’étais abasourdie par tout ce vacarme et toute cette agitation. Comment font-ils pour réussir à vivre comme ça ? Ils sont entassés les uns sur les autres dans des grands immeubles. Certes, ces bâtiments sont intéressants pour les jeunes mais pour des personnes âgées, j’en doute. Et dans pas longtemps, je serais vieille ! Alors il faut commencer à y penser dès maintenant !!! Oui madame, je parle aussi pour vous...
Enfin, au bout de quelques minutes, je me rendis compte que le paysage changeait. Je voyais les immeubles et autres hôtels de fortunes s’éloigner. Et les petits pavillons individuels (ou presque...) ainsi que les grands bâtiments du centre ville se rapprochaient dangereusement. Jusqu’à ce que, malheureusement ou non, le taxis s’arrête devant la caserne. Je payais et sortis. Là, je restais quelques secondes immobile pour observer le bâtiment et ses alentours. Un immense rectangle de béton, entouré de petits cubes. Voici schématiquement ce que je voyais. Et je n’exagère qu’à peine ! Bon, ok. En fait, c’est moins symétrique que ça. Juste en face de moi, au centre, se trouvait le bâtiment principal. Il contenait tous les bureaux, bibliothèques, archives, etc. du service militaire. Ce bâtiment était entouré, comme je l’ais déjà dit si vous aviez été attentifs (mais oui messieurs, je déconne ! Vous êtes pas marrant), de petits cubes (ou plutôt nids de poule…) à l’intérieur desquels les petits soldats normaux devaient s’entasser un peu pour pouvoir espérer dormir le minimum syndical demandé. Ce qui n’est pas toujours facile, je vous le dis ! Derrière cette vraie mère et ses petits, il y a les terrains d’entraînement et d’examen. Ainsi que la plus grande banque de sang du pays. Vous ne me croyez pas Madame ? Venez donc une journée, non même juste une heure, nous verrons ce que vous direz ensuite.
Lorsque le bruit du taxi se fût éloigné, je me mis en route. Je montais tranquillement les dix marches (environ, je n’ais pas encore compté, je vous rassure !) et entrais. Là, je fus scotchée par la beauté de ce que j’avais sous les yeux. De la boiserie finement taillée, du marbre au sol, un plafond d’une hauteur inconnue (pareil, je ne me suis pas amusée à mesurer) et un bureau d’accueil dans le plus pur aspect plastique que l’on pouvait alors trouver dans les grands magasins. Si encore il y avait une personne souriante, ça aurait été ! Mais non. Ils ont collé, pour accueillir les personnes, une porte de prison ! Bien joué ! Et après, comment voulez-vous que les jeunes croient que l’armée est un boulot sympa ??? Pff…..Ces politiciens, j’vous jure ! Enfin, toujours est-il que je me dirigeais vers cette charmante dame et lui demandais d’un ton fort poli je trouve.
«- Pardon, pourrais-je avoir le numéro du bureau du colonel Mustang, s’il-vous-plait ?
- 228 ! »
Hou !!! La voix aussi froide que le pôle Nord !!! Brrr ! Après un merci plutôt refroidit lui aussi, je montais les deux étages par les escaliers. Et oui, je suis sportive ! (c’est surtout qu’il n’y a pas d’ascenseur dans cette satanée caserne !) J’arrivais là-haut à peine essoufflée (sans me vanter) et me dirigeais vers le bureau 228. Tout au bout du couloir bien sûr. Arrivée devant, bizarrement, je me fis plus petite qu’une souris. Je levais la main, hésitante. C’est vrai quoi. Après tout, si je m’éclipse maintenant et que je démissionne, qu’est-ce que je risque ? A part une énorme baffe de mon senseï ? … Bon, je vais peut-être éviter alors. Je frappais donc courageusement.
«- Entrez ! »
Aïe ! Voix suave, très belle, autoritaire. Je ne sais pas si c’est bon signe. Enfin, j’ouvris la porte et entrais. Je m’avançais entre deux rangs de bureaux derrière lesquels se trouvaient exclusivement des hommes. Ils me regardaient tous avec des yeux aussi gros que deux coupelles. Quoi ? Qu’est-ce que j’ai ? Une crotte qui pend ? Un bout de salade entre les dents ? Ah non, ça c’est pas possible. Je n’ai pas eu le temps de manger à midi. Bon, alors quoi ? Je suis certaine que mon uniforme est impeccable et bien en place. Je le sais, j’ai vérifié trois fois avant de venir ! C’est vrai qu’ils ne sont pas très pratiques quand même ces trucs. Mais bon, je les aime beaucoup. Bleu marine, chemise et pantalon (ben oui, c’est bien plus pratique que ces minis jupes même si ça casse un peu le mythe de la belle militaire sur le bureau de son chef. Non monsieur, ne soyez pas gêné, vous savez que c’est vrai), recouvert avec une sorte de petite cape attachée à la ceinture, avec les cordons jaunes dorés accrochés aux épaules et les galions dorés pour ceux qui les ont mérités. Je les trouve vraiment classes. En plus, ils sont fait sur mesure. Alors il ne peut être ni trop grand ni trop petit pour moi. Bof, je m’en fou après tout. Ils ont l’air idiots, c’est leur choix à eux.
Je m’avançais donc, droite, les yeux fixés sur le colonel, sans plus prêter attention aux regards de ces imbéciles heureux. Voyons, combien sont-ils ? Un binoclard, un fumeur, un vieux et un rondouillard ! Quatre plus une femme. Ce doit être elle que j’ai eue au téléphone. Punaise, ce qu’elle est belle ! Pfiou ! C’est ce que j’appelle bien porter un uniforme ! Enfin, le colonel est aussi pas mal dans son genre. Visage impassible, traits fins, yeux noirs, profonds et mystérieux, coupe de cheveux un peu à la va-vite. Si je m’écoutais, j’en tomberais raide dingue (tient, c’est déjà fait…). Je m’arrêtais devant son bureau et le saluais, le fixant toujours dans les yeux. Et là…
"Tient, un chiot…Non... Non, ne t’approche pas. Si tu me pisses dessus, tu finis en statue de glace, je te préviens ! Voilà, c’est bien, va vers le binoclard."
Donc, je saluais.
«- Sous-lieutenant Lola Izumi, à vos ordres Colonel !»
Droite comme un I, ne cille pas, ne le quitte pas des yeux.
"Eh oh ! C’est quoi cette lueur moqueuse dans tes yeux Colonel ? Je ne te permets pas ! "
«- Rompez sous-lieutenant.»
Raaah ! Encore cette voix enjôleuse et calme.
"Tu m’auras pas Colonel ! "
Je restais droite et croisais mes bras derrière mon dos. Je gardais les yeux posés sur lui et le regardais prendre un dossier. Le mien apparemment.
«- Je vous ais pris sous mes ordres parce que vous êtes une alchimiste prometteuse (pourquoi ils ont des hoquets de surprise derrière ???) Mais pas si vous restez dans votre cambrousse. En espérant que je ne me sois pas trompé.»
"Pourquoi ce petit sourire moqueur Colonel ? "
«- Vous serez principalement sous les ordres du lieutenant Riza Hawkeye.»
Échange de signes de tête.
«- Il y a aussi dans ce bureau, Breda, Farman, Fury et Havoc, tous des sergents.»
Petit demi-tour et léger signe de tête, visage sans expression bien sûr, comme un bon soldat. Mais en tout cas, heureusement que le colonel est là pour rattraper le niveau.
"Bien joué Colonel ! "
«- Votre boulot consiste à seconder le lieutenant. Vous remplirez des dossiers, ferrez de l’archivage répondrez au téléphone, assisterez aux réunions et l’assisterez lors des enquêtes. C’est compris ?
- Oui Colonel.»
Allez, on salut ma grande.
"Ah non Colonel ! Si tu commences à sourire, je vais me jeter dans tes bras moi ! "
Qu’est-ce que c’est que ce bruit ? Non, ne me dites pas que, dès ma première heure, il va falloir que je me battre ?! C’est pas possible, j’ai vraiment pas de chance. Ils sont idiots ou quoi, pourquoi ils s’avancent vers la fenêtre ? Ils ont envie de mourir ?! Bon, je vais les suivre puisque c’est comme ça. Je suis quand même très curieuse… Tient, un mouvement. Il est sur le toit d’en face. Non…Allez quoi, soyez sympa ! Ne me foutez pas un missile sur les bras dès aujourd’hui ! Et ben si, vous l’avez fait ! J’ai vraiment la poisse moi !!! Enfin, je respirais un bon coup et m’approchais un peu plus de la fenêtre. Je l’ouvris et me pris une grande bourrasque d’air froid en pleine figure. Je frissonnais un peu mais, au lieu de rentrer bien sagement, je m’appuyais sur le bord.
"Droit dans la gueule du loup ma grande ! "
«- Pourquoi ouvrez-vous la fenêtre alors qu’il y a des tirs en dessous ? »
"Ce n’est pas la peine d’être méchant avec moi Colonel ! "
Je ne répondis rien et me contentais de fixer l’immeuble d’en face.
"Ah enfin ! Il a bougé ! "
Je souris et le gardais dans mon champ de vision.
"Calme-toi Colonel ! Je m’entends plus penser ! "
Je vous jure ces bureaucrates, à peine un courant d’air et ils crient. Je ne répondis rien. Et lorsqu’il posa sa main sur mon épaule, je frappais dans mes mains. Il se figea sur place, fixant le missile que je venais d’arrêter, en le congelant, juste devant son nez. En entendant le missile tomber et s’écraser au sol, je me tournais vers lui avec un petit sourire aux lèvres :
«- J’espère que le froid ne vous gêne plus maintenant Colonel.»
Il tourna son regard noir vers moi et je crus un instant qu'il allait exploser. Mais...
"Oh! Surprise des surprises!!! "
Il sourit et me dit :
«- Nous verrons cela plus tard. Lorsque vous aurez pris un peu d'expérience et de cervelle...»
"Tu es méchant Colonel ! Je vais bouder ! "
«...et que nous serons plus tranquilles...»
"Une proposition ? "
«...alors, nous verrons qui a raison entre le feu et la glace. Pour l'instant, allons aider ceux d'en-bas qui ont l'air d'en avoir bien besoin.
- Oui Colonel!»
Je saluais et lui emboîtais le pas. Derrière nous, j'entendais les murmures précipités des quatre sergents.
"Bande de pipelettes !! "
Ils étaient en train de poser plein de question au lieutenant Hawkeye... Sur moi ? "Intéressant, je suis une star ! "
La pauvre, elle est harcelée. Ah, ça y est, elle craque et leur ordonne de se taire. Je ne peux m'empêcher de sourire légèrement. Nous descendîmes rapidement les deux étages, ne rencontrant personne sur notre chemin.
"Bizarre... Vous avez dit bizarre ?? "
Je fronçais les sourcils et jetais un coup d'oeil au colonel. Marchant à côté de lui, je pouvais percevoir sous son air détaché une tension extrême.
"Alors Colonel ? Inquiet ? "
Ça tombe bien, moi aussi. Un peu (non, je ne fais pas ma maligne!!!). Je soupirais un peu et lui demandais calmement :
«- Colonel, que devrons-nous faire une fois dehors ?"
"En clair, on a une stratégie ou on fonce dans le tas ? "
Il prit le temps de réfléchir avant de me répondre d'un ton posé :
«- Vous, vous restez près de moi, un pas derrière quoi qu'il arrive. Lieutenant, vous et les sergents, vous...»
Je n'écoutais plus. Le sang battait dans mes oreilles, bouillait dans mes veines. "Un pas derrière moi". Il ne me fait pas confiance. "Un pas derrière moi. " Je lui sauve la vie, sa jolie petite tête (vraiment jolie même, mais ce n'est pas le sujet) et comment me remercie-t-il ? "Restez près de moi, un pas derrière." Je suis déçue. Et en colère. Il va voir. Il va voir de quoi je suis capable. Je serrais les poings de toutes mes forces et respirais profondément, lentement, pour me calmer.
"Tu vas voir Colonel ! "
Une fois le calme revenu dans ma tête et mon sang ayant reprit sa température normale (c'est-à-dire lorsque je ne ressemblais plus à volcan en éruption), je me forçais à écouter de nouveau.
«- ...Et surtout, quoi qu'il arrive, vous restez le plus proche possible de moi. Que je puisse intervenir rapidement pour vous aider au besoin. Compris ?»
Six voix s'unirent pour lancer une affirmation claire. Nous étions arrivés devant la porte. Je sentais la tension monter graduellement. Je voyais les sergents (le binoclard, Fury je crois, et le rondouillard, Breda ou un truc dans le genre) qui commençais à s'agiter. Bizarrement, le fumeur (Havoc ? ... Je sais plus non plus) avait arrêté de mâchouiller sa cigarette et fixait la porte d'un regard si intense que je me demandais comment elle faisait pour ne pas fondre instantanément. Je sourit légèrement. Je n'avais plus peur. Les seuls tremblements qui agitaient mes doigts étaient des tremblements d'excitation et d'impatience. A ce moment-là, sans vraiment savoir pourquoi, je me suis souvenue de mon village, de mon senseï... Je ne vous l'ais pas dit, je viens d'un village de l'Est, proche des montagnes. Il n'est pas très grand, tout le monde se connaît. Il va sans dire que lorsqu'une personne est dans le besoin, tout le monde l'aide. Mais je devrais mettre tout ça à l'imparfait. Parce que c'est de l'histoire ancienne. Elle date d'au moins dix ans. Car, malheureusement, cette fois-là, nous n'avons pas aidé la bonne personne.
Un jour, un homme est arrivé à l'auberge. Il était fatigué, hagard et blessé. Il nous a demandé de l'aider. Et nous avons acceptés. Ce fut notre perte. Nous l'avons soigné, nourrit et logé. Durant six mois environ, tout alla bien. Très bien même. Car, en plus de maîtriser l'alchimie, il était vraiment charmant. Très discret bien que plutôt mignon. Les cheveux blonds clairs, des lunettes carrées, une petite barbe, toujours vêtu d'un grand manteau. Il est toujours resté seul, alors que nombre de nos jeunes filles (parmi les plus jolies) voulaient sortir avec lui. En prenant du recul, ce fut une bonne chose bien qu'elle ne sauva personne. Il s'appelait Hoenheim. Mais je m'égare et je n'ais guère de temps. Six mois passèrent donc, sans soucis. J'avais alors dix ans et je vivais avec mes parents dans l'insouciance de la jeunesse. Ah, belles années si vite parties ! (mon dieu ! je suis un poète !!!) Elles me manquent maintenant. Mais à l'époque je n'y pensais pas. Comme tous les enfant, j'entrais dans l'adolescence et mes parents commençaient à me peser, mes petites soeurs à être trop petites justement. Comme ils me manquent aujourd'hui.
Ce jour-là, je jouais dans la rue principale comme j'en avais l'habitude. Je vis un nuage de poussière au loin, qui se rapprochais rapidement. Je me redressais. Et lorsque j'aperçu des chevaux, je me mis à courir en direction du village. Nous avions l'habitude des attaques mais celle-là allait être d'une violence inouïe. Je courrais aussi vite que mes petites jambes me le permettaient, criant que nous étions attaqués. J'arrivais juste à la première maison lorsque je reçu une pierre à l'arrière du crâne. Plus rien... Je me suis évanouie. Pourtant, je sentais encore le sol trembler sous moi mais je ne voyais et n'entendais plus rien. Je ne sais pas combien de temps je restais comme cela. Par moment, je me sentais soulevé et transporté. Une personne, je ne sais pas qui même aujourd'hui, me nourrissait et me lavais. Et puis, sans crier gare, mes yeux se sont ouverts. Je venais de faire un cauchemar particulièrement horrible. J'étais en sueur, haletante. J'étais faible mais je parvins cependant à me redresser. Je regardais autours de moi. Je me trouvais dans une grotte inondée de lumière. Il n'y avait personne. Par l'ouverture, j'apercevais une forêt. Je me levais péniblement, tremblant sur mes jambes et je sortais en titubant. Respirant profondément l'air pur, je me rendis compte que j'étais blessée à la hanche droite. Je ne comprenais pas mais ne cherchais pas plus loin pour l'instant. Le plus important pour moi étais de sortir de là et d'aller retrouver mes parents au plus vite pour leur dire que j'allais bien. Ils devaient être inquiets. Et puis moi, j'étais inquiète pour mes petites soeurs. Je connaissais les régions aux alentours de mon village par coeur. Je regardais autours de moi et poussais un soupir de soulagement. Je ne devais pas être très loin puisque je reconnaissais la clairière que je voyais en face de moi. Je souris un peu et regardais une dernière fois dans la grotte. N'y voyant rien d'intéressant et sachant que j'allais trouver tout ce qu'il me fallait pour manger et boire sur le chemin, je me m'y en route. J'étais pressée de rentrer chez moi. Mon retour au village ne fut guère palpitant (juste un renard qui a essayé à ses dépend de me manger un bout de jambe...), je vous en épargnerais donc le récit. La suite est, je l'espère, plus intéressante.
Après un ou deux jours de marche, je sortis de la forêt. Là, je fus pétrifiée par ce que j'avais sous les yeux. Mon coeur rata un battement. Le village, mon village, n'existait plus. Les maisons, avant remplies de monde et très chaleureuses, étaient détruites, réduites en cendres. A l'extérieur du village, une série de tente. Je parcourais des yeux la plaine, essayant de reprendre mon souffle et de contrôler mes larmes. A ce moment-là, j'eus un nouveau coup au coeur. Face aux tentes, debout devant les attaquants, Hoenheim. Il parlait avec eux. Je ne pouvais pas entendre ce qu'ils disaient mais je n'en avais pas besoin. J'avais compris l'essentiel. Hoenheim nous avait trahit. Nous l'avions accueillit à bras ouverts et lui, pour nous remercier, nous a détruit. D'un coup, j'explosais. C'était trop pour moi. Trop d'un coup. Une rage immense se déversa en moi. J'en perdis la raison. Je m'élançais vers eux, courant aussi rapidement que possible. En arrivant près du village, une odeur de chair brûlée me sauta au nez, augmentant encore ma fureur. J'hurlais ma douleur et courut de plus belle. Je sautais sur le premier homme qui se dressa devant moi, mordant, griffant, lacérant sa peau. Je voulais atteindre Hoenheim et le tuer. Oui, vraiment. Je voulais sa mort. Jusqu'à ce qu'une main s'abatte sur ma tête et m'assomme.
Cette fois-ci, je ne me rappelle vraiment de rien. Lorsque j'ouvris les yeux, je me trouvais dans une chambre douillette bien au chaud sous des couettes. Avant même de me demander où j'étais et qui m'avais emmené là, je fondis en larmes. Serrant mes poings jusqu'à ce que mes ongles, s'enfonçant dans ma peau, me fassent saigner. J'hurlais, me maudissant pour ma faiblesse et mon imbécillité. Je fermais les yeux, essayant d’échapper aux visions qui me tourmentaient. Les maisons qui brûlent. Les corps calcinés. L'odeur. Tout ça tournait dans mon esprit à une vitesse vertigineuse. Les chevaux qui arrivent, Hoenheim qui parle avec les bandits, la terre qui tremble sous leurs coups. Je me débattais, hurlant pour que quelqu'un m'aide. Le sol tourne. Il n'y a plus personne. Je ne sais plus où est le haut, où est le bas. Je ne me rappelle plus qui je suis. Ils sont tous en moi. Abandonnée, je voie les cadavres des villageois qui viennent vers moi. Je ne peux rien faire. Que quelqu'un m'aide. Je suis enchaînée.
Jusqu'à ce que deux mains me prennent par les épaules et me secoue. J'ouvris brusquement les yeux. Ma respiration était précipitée, mon front moite. Je fixais de mes grands yeux verts le visage d'une jeune femme penchée sur moi. Des larmes amères continuaient de rouler sur mes joues. Sans un mot, elle prit un mouchoir et m'essuya le visage. Je me laissais faire. Elle était douce. Je n'avais plus la force de lutter. Elle pouvait faire de moi ce qu'elle voulait, de toutes façons, j'étais morte en même temps que ma famille et mon village. Elle ne chercha pas à me faire parler ou à me consoler avec des mots inutiles. Lorsque je me levais pour la première fois trois jours plus tard, les premiers mots qu'elle m'adressa furent:
«- Bien dormis petit loire ? »
Durant les mois qui suivirent, tout le temps de mon apprentissage, et même encore maintenant, elle m'appelle comme ça. Pour moi, elle est mon senseï. Elle m'adopta quelque temps après et m'appris beaucoup de chose. Notamment l'alchimie et l'art du combat. Elle disait que j'étais douée. Mais lorsque je lui ais avoué mon désir de m'enrôler dans l'armée pour rechercher Hoenheim, j'ai cru qu'elle allait me tuer. Il faut savoir que, bien qu'elle ait un visage magnifique et doux, lorsqu'elle est en colère, ma senseï est pire qu'une tornade (non, vraiment, je n'exagère pas ! M'accuseriez-vous de mentir ?!). Mais elle finit par accepter. De toutes façons, elle savait que, lorsque j'ai une idée en tête, rien ne me fait changer d'avis. Le jour de mon départ, sur le quai, elle me dit une chose qui est restée gravée en moi depuis :
"- Je t'ais vu te battre l'autre jour avec les hommes petit loire. J'ai découvert une chose que j'avais voulu ignorer jusque là : tu ne vis que pour te battre. C'est pour ça que j'ai décidé de te laisser t'enrôler. Et c'est pour ça que tu es devenue aussi forte en si peu de temps. Et que l'armée est parfaite pour toi. Mais fait attention. Que ta fougue ne t'emporte pas trop loin ou tu perdrais la vie..."
Me rappellent ces phrases, je revins à la réalité au moment où le colonel donna l'ordre de sortir. Havoc et Fury ouvrir la porte. Le bruit des mitrailleuses nous assaille. Sans hésitations, nous nous élançâmes en bas des escaliers. Breda et Fury allèrent rejoindre les mitrailleuses où les défenses commençaient à faiblir. Ils sortirent leurs armes et firent feu. Havoc et Farman, sous les ordres du lieutenant, s'occupèrent de la protection du colonel. Celui-ci, le visage toujours fermé, claquait des doigts à tout bout de champ (non, il n'a pas de l'arthrose, il a juste l'oreille musicale !!! ), mettant le feu aux armes, aux vêtements et même aux hommes. Pendant ce temps, je restais un pas derrière lui, bien sagement, comme il me l'avait dit. Je réussis à garder ma place bien que mon sang s'agita dans mes veines. Je voulais aller à la rencontre des assaillants, me battre avec eux vraiment. Je n'éprouvais aucune peur. Après tout, je "ne vis que pour me battre." Frappant dans mes mains lorsque les soldats s’approchaient trop du colonel (histoire de protéger sa belle frimousse), je les congelais les uns après les autres. Je n'avais aucuns remords. Et, à dire vrai, je commençais à m'ennuyer sévère lorsque que les terroristes décidèrent de se retirer devant le nombre de soldats toujours grandissant. Je soupirais de tristesse et d'ennui, m'attirant un regard septique de la part du colonel. J'entendais les cris de joie des jeunes soldats, vite réprimés par leur chef.
"Et oui jeune gens, ce n'est peut-être pas fini. Espérons le... "
J'étais plutôt joyeuse et, en fait, j'attendais avec espoir qu'ils reviennent, plus nombreux. J'étais encore excitée par ce qu'il venait d'arriver. Je voulais courir, rire, me battre encore. J'étais emplie de l'euphorie du combat, me rappelant sans cesse les paroles de mon senseï. "Tu ne vis que pour te battre". Malheureusement, après quinze minutes d'attente, personne n'étaient revenu. Le colonel rappela Breda et Fury près de lui, attendant les ordres. Des patrouilles furent envoyées à la poursuite des terroristes. On nous donna l'ordre de retourner dans nos bureaux. Nous devions être interrogés ensuite.
Je marchais tranquillement derrière le colonel. Je l’avoue franchement, j’étais dans les nuages. Plutôt pas mal quand il se bat… Arrivés dans le bureau, les hommes se laissèrent tomber sur leur chaise respective en soufflant lourdement. Le lieutenant alla se placer derrière le colonel comme toujours. Ne sachant pas où me mettre, je croissais les bras et m’appuyais contre le mur, à côté de la porte. Je regardais dehors et laissais mon imagination vagabonder à sa guise. Ne me demandez pas exactement à quoi je pensais, je ne m’en souviens pas vraiment. Je vois une vague image d’homme…
"-Colonel ?… Oulà, je vais pas bien moi ! Ok, il est super canon, très sensuel et plutôt autoritaire.. Non, même très autoritaire ! Je ne voie pas pourquoi j’en tomberais amoureuse, n’importe quoi !
-Mon dieu !! Tu as eu le coup de foudre ma vieille !!! Et il fallait que ça tombe sur ton supérieur !
-Mais non, je me fais des films. C’est juste de l’admiration.
-C’est pour ça que tu as le cœur qui s’emballe dès qu’il te parle et que tu te verrais bien dans ses bras ?
-Je… N’importe quoi !
-Alors pourquoi tu rougis ?
-Je rougis pas ! J’ai chaud, c’est tout ! Et puis d’abords, la ferme, idiote de conscience !!! "
J’étais vraiment boudeuse. Et juste à ce moment-là, le colonel décide de m’appeler vers lui. J’ai vraiment un super karma moi, c’est génial ! Après un léger soupir, je me dirigeais tranquillement vers son bureau. Je m’arrêtais face à lui et fixais le mur derrière lui :
«- Oui Colonel ? »
Extra, j’ai la voix qui tremble en plus !
«- J’ai été très impressionné par votre façon de combattre. Vous êtes très calme. »
Il fixait ses yeux sombres sur moi et me scrutait. Son regard était tellement intense que je ne pus que plonger mes yeux dans les sien, subjuguée. J’étais incapable de parler.
"Il dégage une telle puissance…Il…Il me fait peur…"
Un léger frisson parcouru mon échine. Je gardais le silence, attendant la suite :
«- Un commentaire à faire ?
- Non Colonel. »
J’essayais de garder mon calme, sans grand succès. En plus, je ne tiendrais pas longtemps. Pour l’instant, j’arrivais encore à contrôler mes frissons mais mon cœur avait définitivement échappé à toute maîtrise de ma part. Et mes entrailles s’étaient fait la malle.
«- Et bien moi, j’ai quelque chose à dire. »
Encore ce regard insondable.
"Je vais craquer… Je vais m’effondrer…"
Je ne devais surtout pas quitter ses yeux sinon j’allais tomber lamentablement par terre.
«- En fait, j’aurais besoin d’un renseignement vous concernant. C’est important pour que je puisse me faire une idée sur votre véritable attitude de tout à l’heure. »
Il souriait maintenant.
"Mon dieu, que vas-tu me demander Colonel ? "
Je redoutais sa question mais j’essayais de ne pas le montrer.
«- D’où vient votre façon de vous battre ? »
Le temps se figea. Je fixais ses yeux sans rien dire, impassible.
"De quel droit tu me poses cette question Colonel ?"
«- J’ai lu dans le rapport que vous aviez eu une enfance normal et tranquille, continua-t-il. Mais bizarrement, elle ne commence que le jour de vos dix ans. »
Le temps a repris son cour. Mon cœur s’était définitivement emballé. Mais ce n’était plus de l’admiration ou même (idée complètement absurde…) de l’amour. C’était de la colère. De la haine même. Mes entrailles étaient revenues mais elle pesaient à présent extrêmement lourd.
"Pourquoi ? J’ai rien mangé pourtant."
Je le fixais toujours sans rien dire.
«- Alors, après avoir vu votre façon de réagir au combat, je voudrais savoir ce qu’il vous ait arrivé avant.
- Cela ne vous regarde pas Colonel. »
Ma voix était un peu dure et mes yeux lançaient des éclairs. Ils auraient été remplacés par des mitraillettes, il était mort sur-le-champ le pauvre. Il fronça les sourcils et demanda d’une voix un peu plus cassante :
«- Pourquoi ?
- Parce que, cela ne vous regarde pas.
- C’est un ordre sous-lieutenant. »
Il était vraiment en colère pour me dire ça. Mais ça ne changeait rien pour moi. Il n’avait pas à me demander ça. "Réfléchit Colonel, il y a une raison si ma vie de zéro à dix ans n’est pas là ! Idiot ! "
Je sentais la colère monter en moi, faisant chauffer mon sang. Je respirais profondément pour me contrôler et éviter que le rouge ne me monte aux joues. Je serrais les points légèrement avant de répondre calmement :
«- Cela ne change rien. Je ne répondrais pas. »
Je ne cillais pas et continuais de le fixer. Je voyais ses yeux s’assombrir sous le coup de la colère. Une boule se forma au creux de mon ventre à cause de la peur. Je me forçais à ne rien dire et à ne pas partir, attendant la sanction.
«- Avez-vous conscience d’aller contre un ordre direct, sous-lieutenant ?
- Oui Colonel. »
Je le fixais toujours. Soudain, il claqua des doigts, mettant le feu à un dossier posé sur son bureau. Je ne bougeais pas, trop surprise. Je restais impassible. Pourtant, je ne parvenais pas à cacher la lueur d’incompréhension au fond de mes yeux.
"C’est pour ça que tu as l’air amusé Colonel ???"
Et là, il me cloua sur place :
«- Bien, je vous félicite sous-lieutenant. »
Là, c’est bon, je suis perdue. Je ne savais pas que refuser de répondre à un ordre d’un supérieur était une bonne chose mais bon. Et je pense que je ne suis pas la seule vue la tête des quatre hommes. Il dut s’en apercevoir car il sourit un peu et ajouta :
«- Le Généralissime voulait être sûr de votre silence.
- Donc vous êtes au courant. »
Ce n’était pas une question, juste une constatation. Il hocha la tête :
«- Oui, il fallait que je le sache d’après le Généralissime. »
Un éclair de colère assombrit mes yeux. Je serrais les poings de toutes mes forces pour contrôler mes tremblements de colère. Mes mâchoires étaient crispées et totalement verrouillées. Je me demande d’ailleurs comment je pu parler encore après ça ! Le colonel s’en rendit compte car il me demanda d’une voix toujours aussi calme et posée :
«- Que ressentez-vous sous-lieutenant ?
- Je préfère ne pas répondre Colonel. En revanche, je demande la permission de sortir quelques minutes. »
J’étais fière de moi, j’avais réussi à contrôler les tremblements de ma voix. Je le fixais droit dans les yeux.
«- Je ne peux pas vous l’accorder. Dois-je vous rappeler que nous sommes tous confinés dans nos bureaux ?
- Non Colonel.
- Parfait. Alors vous pouvez disposer. »
J’effectuais un rapide salut et j’allais me poster devant la fenêtre la plus éloignée. J’étais toujours bouillante de colère. "Comment ont-ils osé ? C’était ma vie !!! Merde !!! "
Je serrais de plus en plus les poings. Je sentais mes ongles s’enfoncer dans ma peau. Quelques gouttes de sang coulèrent le long de ma paume. Je n’y prêtais pas attention, concentrant toutes mes pensées sur l’extérieur.
Je n’entendis pas approcher le colonel. A vrai dire, cela faisait plusieurs minutes que je ne prêtais plus attention à ce qu’il se passait autours de moi. Du coup, lorsque le colonel posa une main sur mon épaule, je sursautais légèrement.
«- Izumi, vous m’entendez ? »
Je me mis immédiatement au garde à vous, fixant le mur derrière lui. J’espérais qu’il ne verrait pas ma colère au fond de mes yeux :
«- Oui Colonel. Pardon.
- C’est bon, rompez. »
Sa voix était calme, toujours aussi profonde.
"M’en fou ! Je t’aime plus Colonel ! "
Je me retournais vers la fenêtre, essayant d’oublier sa présence à côté de moi. D’un coup, un mouchoir apparut devant mes yeux. Ne comprenant pas ce que j’étais censée faire, je jetais un coup d’œil curieux au colonel. Il me sourit et répondit à ma question muette :
«- Pour vos mains. »
Je baissais alors les yeux vers mes paumes, remarquant enfin les traces sanguinolentes laissées par mes ongles. Je pris calmement le mouchoir et le plaquais sur une de mes paumes. Je réprimais une grimace de douleur et appuyais plus fort.
«- Pourquoi vous faites-vous du mal ? »
Je lui jetais un coup d’œil furtif avant de répondre :
«- Je n’ais pas mal. Et puis ça me calme.
- Ça vous calme ?, demanda-t-il surpris.
- Oui, ça me permet de faire passer ma colère, répondis-je calmement en fixant le mouchoir qui prenait une teinte rouge.
- Vous êtes en colère ?
- Oui. »
"Bien sûr que je suis en colère, idiot de Colonel! Vous avez fouillé dans ma vie !!! "
«- Pourquoi ? demanda-t-il calmement.
- Vous vous le demandez vraiment ? »
Je le fixais droit dans les yeux. J’étais dure et mon visage était fermé :
«- Oui, je veux savoir ce que vous pensez. »
"Merde !! Mais pourquoi il est aussi calme ?! Tu m’énerves Colonel ! "
Je réfléchis quelques minutes avant de répondre d’une voix calme mais triste :
«- Vous avez fouillé dans ma vie.
- Vous faites partie de l’armée. Nous devons savoir qui vous êtes.
- Mais vous ne vous êtes pas demandés pourquoi je n’ais pas de vie avant l’âge de dix ans ?! »
Ma voix était devenue cassante, emplie d’une mélancolie sans borne. Je le fixais dans les yeux, cherchant une réponse, une sortie de secours. Il sembla percevoir mon désarroi car il me répondit doucement :
«- Je comprends que cela puisse être dur pour vous mais il fallait que nous le sachions. Pour vous protéger.
- Me protéger ? Vraiment ? répliquais-je, ironique. Et où était l’armée il y a dix ans, lorsque mon village a été détruit ? demandais-je à voix basse, une pointe de colère perçant au travers des sons.
- Si vous haïssez l’armée, pourquoi vous êtes vous engagée ?
- Qui a dit que je la haïssais ? répondis-je en souriant. En fait, je pense que la seule chose qui ne va pas dans notre armée, c’est la personne qui la dirige. »
En prononçant ces mots, je me retournais vers la fenêtre, songeuse. Je sentais son regard dans mon dos. J’attendais patiemment sa réponse :
«- Mesurez-vous la portée de vos paroles, sous-lieutenant ?
- Oui, parfaitement Colonel.
- C’est pour cela que vous avez demandé votre mutation ici ? »
Mon sourire s’élargit. Je me tournais de nouveau vers lui pour faire face à ses questions. Je croissais son regard. Il était curieux, puissant et même intimidant.
"Tu me fais peur Colonel. Non, tu m’impressionnes…"
Je répondis calmement :
«- Oui Colonel. C’est une de mes raisons.
- Quelles sont les autres ?
- L’éloignement, répondis-je, toujours souriante. Les autres raisons ne regardent que moi. »
Ma voix était calme, plutôt douce. Je parlais en murmurant, ne voulant pas que les autres surprennent notre conversation. Le colonel esquissa un de ses petits sourire enjôleur dont il a le secret et ajouta :
«- Très bien. Je me contenterais donc de cette réponse.
- Alors vous devenez sage, répliquais-je, un peu ironique, en tournant de nouveau les yeux vers l’extérieur. J’étais légèrement moqueuse.
- Vous êtes à la limite de l’arrogance Izumi, dit-il en souriant un peu plus et en fixant mon profil de ses yeux onyx.
- Peut-être mais je ne l’ais pas dépassé pour l’instant. Je peux donc continuer.
- Attention ! Vous avez un pied dessus là !
- Ah bon ? dis-je surprise. Pourtant je ne vous marche pas dessus. »
Ma voix était taquine. Je lui jetais un regard amusé avant d’éclater de rire en même temps que lui. Les autres nous lancèrent des regards suspicieux. Soudain, quelqu’un frappa à la porte. Le colonel calma instantanément son fou rire et retourna à son bureau en donnant l’ordre de rentrer. Je l’observais en souriant calmement. J’étais vraiment impressionnée par sa… présence, sa façon de se tenir. Il y a quelques secondes, il riait avec moi. Et maintenant, il se tenait, impassible, derrière son bureau. Je comprends pourquoi il a atteint le grade de colonel et pourquoi tous lui font confiance pour aller plus haut encore. Il s’entretenait avec un jeune soldat qui avait l’air embarrassé et pas du tout à l’aise face à lui. Je sortis de ma rêverie en le voyant se lever. Je m’approchais d’un ou deux pas du bureau, attentive :
«- Les ordres ont changé. Le Généralissime a ordonné que nous rentrions chez nous. Nos interrogatoires sont reportés à demain matin, à la première heure. Moi, j’ajoute un ordre : restez sur vos gardes. Les terroristes n’ont toujours pas été retrouvés ni même localisés.
En prononçant ces mots, il nous regarda intensément tour à tour. Je soutenais son regard calmement :
«- Bien, vous pouvez partir. Rompez soldats. »
Je saluais en même temps que les autres et sortis après eux. Je marchais calmement, les mains dans les poches. J’étais rêveuse. Je ne faisais pas attention aux regards ou aux chuchotements que j’entendais sur mon passage. Lorsque j’arrivais dehors, je levais les yeux au ciel en m’arrêtant quelques secondes. Je serrais le mouchoir du colonel dans ma poche et je souris. Puis je me remis en route. Je voulais rentrer à pied pour pouvoir réfléchir à tout ça.
"Mon dieu ! Quelle journée de fou ! "
J’arrivais chez moi trente minutes plus tard. J’entrais et jetais mes clefs sur la table. Je baillais largement. J’étais complètement vidée ! Ma veste alla rejoindre mes clefs et je me dirigeais dans la salle de bain après avoir attrapé mon pyjama dans ma chambre. Je me déshabillais rapidement et me glissais sous la douche bien chaude. Je fermais les yeux paresseusement et soupirais légèrement en songeant : "Pfiou ! Et bien, première journée, passée !"
mardi 8 juillet 2008
Lessien...
Note de l'auteuse: C'est juste que parfois, j'aimerais ne pas avoir à choisir entre mes deux vies...
Tu es si loin… Pourquoi ? Ce n’est pas juste. Ca fait mal quand je ne te vois pas. J’ai tellement envie d’être près de toi. Juste te savoir à côté, prêt à parler et à rire. Juste être là… Cette distance me tue à petit feu. J’ai de plus en plus froid. Une boule grandie au fond de ma gorge. J’ai envie de te voir, j’en ais besoin. Le monde perd ses couleurs, il devient terne. Je me sens si bien près de toi, tellement naturelle, tellement… moi que parfois, j’en ais peur. Tu es si doux, si attentif que je me dévoile sans crainte face à toi. Tu connais toutes mes peurs, même les plus idiotes, et tu les acceptes sans rire. Tu me protège la nuit quand je fais des cauchemars. Je n’ais jamais aussi bien dormi que dans tes bras. J’ai beau lutter, tu emprisonne mon cœur, tu m’apaise, me permets d’être réellement moi. Je m’en veux d’avoir attendu si longtemps avant de te rencontrer. Et maintenant que je te connais enfin, il y a cette horrible distance. Ce n’est pas juste. Ca fait vraiment trop mal. Ton odeur me manque, tes bras me manquent, ton sourire aussi. Tu me manque tellement que j’en ais du mal à respirer. Je voudrais être près de toi. I miss you and… I love you…
Tu es si loin… Pourquoi ? Ce n’est pas juste. Ca fait mal quand je ne te vois pas. J’ai tellement envie d’être près de toi. Juste te savoir à côté, prêt à parler et à rire. Juste être là… Cette distance me tue à petit feu. J’ai de plus en plus froid. Une boule grandie au fond de ma gorge. J’ai envie de te voir, j’en ais besoin. Le monde perd ses couleurs, il devient terne. Je me sens si bien près de toi, tellement naturelle, tellement… moi que parfois, j’en ais peur. Tu es si doux, si attentif que je me dévoile sans crainte face à toi. Tu connais toutes mes peurs, même les plus idiotes, et tu les acceptes sans rire. Tu me protège la nuit quand je fais des cauchemars. Je n’ais jamais aussi bien dormi que dans tes bras. J’ai beau lutter, tu emprisonne mon cœur, tu m’apaise, me permets d’être réellement moi. Je m’en veux d’avoir attendu si longtemps avant de te rencontrer. Et maintenant que je te connais enfin, il y a cette horrible distance. Ce n’est pas juste. Ca fait vraiment trop mal. Ton odeur me manque, tes bras me manquent, ton sourire aussi. Tu me manque tellement que j’en ais du mal à respirer. Je voudrais être près de toi. I miss you and… I love you…
samedi 21 juin 2008
Indis Coamenel...
Note de l'auteuse: Petit texte partit d'un délire avec quelqu'un que j'aime vraiment fort...
Imagine l’eau bien chaude qui détend tous tes muscles un à un… Le bruit de l’eau qui empli ton esprit et occupe chacun de tes sens… La sensation enivrante que tu vis un moment d’éternité en sentant chaque goutte pénétrer dans ta peau pour faire sortir toutes les mauvaises choses… Se laisser flotter entre conscience et inconscience, parcourant le fond de ton âme… Chaque sillons d’eau qui parcours ton corps te le fais redécouvrir… Alors, viens te purifier, te détendre, t’amuser… Viens t’immerger avec moi…
Imagine l’eau bien chaude qui détend tous tes muscles un à un… Le bruit de l’eau qui empli ton esprit et occupe chacun de tes sens… La sensation enivrante que tu vis un moment d’éternité en sentant chaque goutte pénétrer dans ta peau pour faire sortir toutes les mauvaises choses… Se laisser flotter entre conscience et inconscience, parcourant le fond de ton âme… Chaque sillons d’eau qui parcours ton corps te le fais redécouvrir… Alors, viens te purifier, te détendre, t’amuser… Viens t’immerger avec moi…
mardi 13 mai 2008
Adudúlin…
Note de l'auteuse: Petit excés de mélancolisme lors d'une soirée peut-être trop sympa...
Ils rient. Tous. Ils sont heureux. Et moi, je suis là, au milieu, à me demander pourquoi je suis là. Je ne sais pas rire comme eux. Je ne sais pas m’amuser comme eux. Alors pourquoi suis-je restée ? Je ne suis d’aucune utilité. Je ne serais pas là, ils auraient fait la même chose. Je suis superflue. Sans consistance, sans conscience. Une nouvelle fois vide. Alors je m’éloigne, je m’enfui sur cette page. Bouée de secours. J’essaye de me reprendre. Après tout, je suis sensée être « celle qui va toujours bien ». Je dois jouer mon rôle. Un nouveau sourire hypocrite vient frôler mes lèvres. Pour disparaître aussitôt. Après tout, pourquoi est-ce que je ne pourrais pas, moi aussi, me montrer tel que je suis ? Avouer à tous ma véritable pensée ? Je n’ais plus envie de jouer, je n’ais plus envie de me cacher. Je veux juste que ça s’arrête. Voir enfin le dernier acte. Que le rideau tombe. Multiplier les expressions ne me fais pas franchement avancer mais me rappeler la présence inexorable de la mort me calme. Quelqu’un, je ne sais plus qui, a dit : « Veux-tu apprendre à bien vivre ? Apprends d’abords à mourir ». Cela résume bien ma pensée. Sauf que j’ai hâte de passer à la phase supérieure. Mais, faute de pouvoir accélérer les choses, j’attends. Je regarde, j’observe. Je ris face aux tentatives de ces stupides humains pour rester vivants. Ils sont si pathétiques. Dire que je fais partie d’eux. Que je leur ressemble. J’ai honte et envie de vomir. Les larmes coulent malgré moi. Je suis fatiguée ce soir. J’ai du mal à me cacher. Je me renferme. Je m’isole pour qu’ils ne me voient pas. Je sers les dents. C’est dur. Je veux m’enfoncer sous terre, disparaître… Il est si facile de les duper. Un chapeau et le tour est joué. Ils passent à côté de moi comme si je n’étais pas là. Je suis transparente. Tellement vide et sans intérêt que j’en ais acquit une assez bonne faculté. Les personnes me voient mais m’oublient aussitôt. Je suis une ombre, fugace. Je passe dans ce monde, ne laissant aucune trace. J’avance dans ma vie sans bruit, sans mouvement. Je suis sans intérêt, neutre et lisse. Tout ce qui fait ce que je suis, je ne peux le révéler. Ils m’appellent. Je respire un bon coup. Je vais me passer de l’eau sur les yeux et je vais reprendre mon visage neutre. Une nouvelle fois, la comédie recommence…
Ils rient. Tous. Ils sont heureux. Et moi, je suis là, au milieu, à me demander pourquoi je suis là. Je ne sais pas rire comme eux. Je ne sais pas m’amuser comme eux. Alors pourquoi suis-je restée ? Je ne suis d’aucune utilité. Je ne serais pas là, ils auraient fait la même chose. Je suis superflue. Sans consistance, sans conscience. Une nouvelle fois vide. Alors je m’éloigne, je m’enfui sur cette page. Bouée de secours. J’essaye de me reprendre. Après tout, je suis sensée être « celle qui va toujours bien ». Je dois jouer mon rôle. Un nouveau sourire hypocrite vient frôler mes lèvres. Pour disparaître aussitôt. Après tout, pourquoi est-ce que je ne pourrais pas, moi aussi, me montrer tel que je suis ? Avouer à tous ma véritable pensée ? Je n’ais plus envie de jouer, je n’ais plus envie de me cacher. Je veux juste que ça s’arrête. Voir enfin le dernier acte. Que le rideau tombe. Multiplier les expressions ne me fais pas franchement avancer mais me rappeler la présence inexorable de la mort me calme. Quelqu’un, je ne sais plus qui, a dit : « Veux-tu apprendre à bien vivre ? Apprends d’abords à mourir ». Cela résume bien ma pensée. Sauf que j’ai hâte de passer à la phase supérieure. Mais, faute de pouvoir accélérer les choses, j’attends. Je regarde, j’observe. Je ris face aux tentatives de ces stupides humains pour rester vivants. Ils sont si pathétiques. Dire que je fais partie d’eux. Que je leur ressemble. J’ai honte et envie de vomir. Les larmes coulent malgré moi. Je suis fatiguée ce soir. J’ai du mal à me cacher. Je me renferme. Je m’isole pour qu’ils ne me voient pas. Je sers les dents. C’est dur. Je veux m’enfoncer sous terre, disparaître… Il est si facile de les duper. Un chapeau et le tour est joué. Ils passent à côté de moi comme si je n’étais pas là. Je suis transparente. Tellement vide et sans intérêt que j’en ais acquit une assez bonne faculté. Les personnes me voient mais m’oublient aussitôt. Je suis une ombre, fugace. Je passe dans ce monde, ne laissant aucune trace. J’avance dans ma vie sans bruit, sans mouvement. Je suis sans intérêt, neutre et lisse. Tout ce qui fait ce que je suis, je ne peux le révéler. Ils m’appellent. Je respire un bon coup. Je vais me passer de l’eau sur les yeux et je vais reprendre mon visage neutre. Une nouvelle fois, la comédie recommence…
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